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L'une des deux adolescentes en fugue, Louisa, est rentrée chez elle

Louisa, l'une des deux lycéennes en fugue depuis vendredi, en rentrée chez elle, en Haute-Savoie.

Louisa, l'une des deux lycéennes en fugue depuis vendredi, en rentrée chez elle, en Haute-Savoie. - Gendarmerie - BFMTV

L'une des deux lycéennes en fuite depuis vendredi, Louisa, 16 ans, a regagné son domicile, en Haute-Savoie, ce dimanche. Son amie Israé, en revanche, reste introuvable.

Louisa Bounechada, l'une des deux lycéennes soupçonnées de vouloir rallier la Syrie et activement recherchées depuis vendredi, est rentrée chez elle ce dimanche après-midi en Haute-Savoie, a annoncé la soeur de l'adolescente à BFMTV, confirmant une information de France 2. "Ses parents ont alerté la gendarmerie pour dire qu'elle est rentrée vers 16h", a confirmé le parquet à l'AFP, précisant que l'adolescente était actuellement entendue par les enquêteurs.

En revanche, l'autre jeune fille, Israé Abou Serie Mohamed, 15 ans, est toujours en fuite et recherchée par les forces de l'ordre. Elle avait été signalée comme "radicalisée" et placée en foyer deux ans plus tôt avec interdiction de sortie du territoire, après une tentative de départ en Syrie.

Appel à témoins samedi

Samedi, la gendarmerie nationale avait lancé un appel à témoins après la disparition jugée "inquiétante" des deux mineures, scolarisées à Seynod, en Haute-Savoie, dans la périphérie d'Annecy.

Les deux jeunes filles étaient "susceptibles de quitter le territoire national par tous les moyens, et d'utiliser de fausses identités" pour rallier Daesh en Syrie, avait estimé les gendarmes. Leurs camarades les auraient vues pour la dernière fois vendredi vers 13h, quittant l'établissement, et avaient prévenu leurs entourages respectifs après avoir tenté de les retrouver dans la gare de Chambéry.

"Louisa, rentre à la maison, personne ne te fera rien", avait lancé dimanche la mère de l'adolescente, dans un appel déchirant à sa fille. "Tu nous manques, on t'aime Louisa". 

Louisa n'avait pas été signalée comme radicalisée

Selon Dounia Bouzar du Centre de prévention contre les dérives sectaires liées à l'islam (CPDSI), Israé venait de sortir de l'hôpital psychiatrique pour une "dépression de l'adolescence". Elle est "fragile", "veut mourir" et il lui faut un lieu "cocoonant": pour l'anthropologue, "le réseau l'a récupérée".

Louisa, en revanche, n'avait pas été signalée et n'aurait fait que suivre son amie. Son oncle, d'ailleurs, se refuse à croire à un départ en Syrie: "Pour moi, elle était normale. Elle n'avait pas de voile, rien du tout. Nous, on pense qu'elle a fait une fugue", avait-il assuré sur BFMTV.

Sur les quelque mille jeunes actuellement suivis par le CPDSI, 70% ont moins de 20 ans et le plus âgé n'en a que 22. Chez les filles, les tentatives de départ peuvent commencer dès 12 ans, 15 ans pour les garçons. Selon une source officielle, plus d'un millier de Français se sont rendus en Syrie ou en Irak, dont près d'un tiers de femmes. Près de 600 s'y trouvent toujours et "161 au moins" y sont morts.

C. P.