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L'arnaque du "Rip-deal": quand les transactions immobilières se transforment en escroquerie

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Huit personnes ont été interpellées, et sept d'entre elles écrouées, en mars dernier dans le cadre d'une enquête menée par l'Office central de lutte contre la grande délinquance sur une escroquerie à la transaction immobilière d'envergure internationale.

Les rencontres se passent généralement dans des palaces ou dans un endroit qui impose par son luxe et qui inspire confiance. Depuis deux ans, le phénomène dit du "Rip-Deal", ou de l'arnaque à la transaction, est en pleine recrudescence. Actuellement, les enquêteurs estiment que plusieurs équipes, principalement des gens du voyage originaires d'Europe de l'Est et sédentarisés en région parisienne, tournent un peu partout en Europe, et de nombreux échanges entre les services de police sont nécessaires.

Le "Rip-Deal" est une arnaque qui porte le plus souvent sur une transaction d'un bien immobilier, souvent sur la Côte d'Azur, dans les Alpes, mais aussi à l'étranger. Des particuliers vendeurs, le plus souvent, sont sollicités par des acheteurs qui leur proposent une rencontre dans des lieux prestigieux. Les vendeurs sont alors mis en confiance par ces endroits qui tendent à confirmer une belle situation financière. "Des négociations vont intervenir, non pas sur le prix du bien immobilier, mais pour proposer au vendeur un dessous de table", poursuit Corinne Bertoux, chef de l'OCRGDF (Office central pour la répression de la grande délinquance financière).

Echanges de billets

Si le vendeur accepte, le deal est alors conclu: une partie de la vente se fait légalement, l'autre sous forme de valise de billets. Une nouvelle rencontre a alors lieu pour finaliser la transaction. L'acheteur vient avec son argent liquide qu'il montre au vendeur, puis prétexte de s'absenter avant de revenir. Entre temps, les billets ont été échangés. Dans la valise, ne restent plus que des fausses coupures. "Quand la personne rentre chez elle, elle s’aperçoit que ce sont des fac-similés", poursuit le commissaire Bertoux. Souvent la personne hésite à porter plainte, la transaction étant en partie frauduleuse.

Plus l'arnaque avance et plus les escrocs font désormais preuve d'ingéniosité. C'est le cas pour les huit personnes qui opéraient un peu partout à l'étranger, pour un préjudice global estimé à hauteur de 5 millions d'euros, interpellées en France en mars dernier par les policiers de l'OCRGDF. Eux utilisaient une "table de Rip-Deal", une table recouverte d'un tissu de luxe avec un système de double tiroir permettant d'escroquer le vendeur. En plus des arrestations, les enquêteurs ont mis la main sur des espèces, des bijoux et des montres de luxe, pour un total de 400.000 euros. 4 millions de fac-similés ont également été retrouvés. Sept suspects ont été écroués.

En août dernier, c'est un escroc d'envergure internationale qui avait été neutralisé par les services de police. Ce Serbe a été interpellé le 13 août à Nice après avoir arnaqué un homme d'affaires sud-coréen. Là il n'était pas question de transaction immobilière mais d'échange d'argent liquide contre des bitcoins. L'escroc avait appâté sa victime à coup de palace, de voitures et de montre de luxe. Une fois, l'équivalent de 2 millions d'euros en cryptomonnaie transféré sur son compte, le Serbe avait remis des fausses coupures à son acheteur.

Justine Chevalier avec Rym Bey