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L'accident au Japon ravive le débat nucléaire en France

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par Laure Bretton et James Regan PARIS (Reuters) - L'accident de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi au Japon a relancé le débat samedi sur...

par Laure Bretton et James Regan

PARIS (Reuters) - L'accident de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi au Japon a relancé le débat samedi sur la sûreté des installations en France, deuxième plus grand pays nucléaire au monde après les Etats-Unis.

Les autorités de surveillance ont annoncé le renforcement immédiat de la surveillance de qualité de l'air et assuré que les Français seraient informés "en temps réel" - des promesses rejetées par les écologistes qui réclament l'abandon pur et simple du nucléaire, pointant des risques "non maîtrisables".

Une explosion et une fuite radioactive se sont produites à la centrale japonaise de Fukushima-Daiichi, au lendemain du gigantesque séisme qui a frappé l'archipel.

Selon l'agence nucléaire japonaise, l'incident est moins grave que ceux de la centrale américaine de Three Mile Island, en 1979, et de Tchernobyl, en Ukraine, il y a tout juste 25 ans.

A Paris, les ministres de l'Ecologie et de l'Energie ont fait le point en fin de journée avec l'ensemble de la filière nucléaire française.

La situation au Japon, les risques de nuage radioactif et les mesures de sécurité dans les centrales françaises étaient à l'ordre de la réunion.

La France possède 58 réacteurs nucléaires, contre 55 au Japon, répartis dans 19 sites sur tout le territoire.

Le groupe français Areva est le numéro un mondial du nucléaire et EDF est le premier électricien nucléaire mondial. L'électricité nucléaire représente 78% de la consommation électrique nationale.

Selon André-Claude Lacoste, président de l'Autorité de sûreté du nucléaire (ASN), "il est trop tôt pour définir les leçons à tirer en France" de l'accident de Fukushima, de cet accident".

"COMBIEN DE TRAGÉDIES?"

"Quelque chose que nous faisons toujours mais que nous allons faire avec encore davantage de soin, c'est la mesure de la qualité radiologique de l'air de façon à vérifier s'il y a des conséquences en France" de cet accident, a-t-il ajouté lors d'une déclaration à la presse à Paris.

La présidente de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), Agnès Buzyn, a promis la plus grande transparence.

"Je voulais rassurer nos concitoyens sur le fait que nous sommes en capacité de surveiller le territoire français en temps réel. Nous mettrons en ligne l'ensemble des données chiffrées de cette surveillance. Cela permettra à tout le monde d'être informé", a-t-elle assuré.

Mais pour les anti-nucléaires, il y a tout lieu de s'inquiéter.

"Même au Japon, pays au nucléaire réputé très sûr, la situation semble aujourd'hui échapper à tout contrôle. Cela devrait inciter tous les pays nucléarisés à revoir leur position", dénonce Greenpeace dans un communiqué.

"Il faut savoir que le réacteur accidenté (au Japon) est parfaitement comparable à la plupart des réacteurs dans le monde et en particulier en France", fait valoir de son côté Stéphane Lhomme de l'Observatoire du nucléaire.

Le Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon se demande dans un communiqué "combien de tragédies (il faudra) avant de prendre la décision de sortir du nucléaire au lieu de prévoir son extension au mépris de toute sécurité".

Les écologistes soulignent que non seulement la France se repose quasi-exclusivement sur le nucléaire pour son électricité mais certaines de ses centrales sont situées en zone sismique, comme celle de Fessenheim, en en Alsace, ou en zone inondable, comme celle du Blayais en Gironde.

De plus, début février, EDF a signalé une anomalie dans le "circuit d'injection de sécurité" (RIS) de 34 de ses 58 réacteurs. Ce système permet, en cas de brèche dans le circuit principal, de maintenir le refroidissement du coeur du réacteur en réinjectant de l'eau dans le circuit de secours - ce qui n'a pas fonctionné au Japon.

L'arrêt du système de secours à cause d'une panne électrique au Japon n'est pas lié directement au risque sismique et il existe donc un risque similaire en France, explique Cécile Duflot, la secrétaire nationale d'Europe Ecologie-Les Verts.

"La sécurité absolue n'existe pas", souligne-t-elle.

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