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"Justice pour Ange": enquête ouverte après la mort d'un jeune homme contrôlé par la police

L'hôpital de la Pitié-Salpêtrière (photo d'illustration)

L'hôpital de la Pitié-Salpêtrière (photo d'illustration) - Wikimedia Commons - Mbzt

Sur les réseaux sociaux, le hashtag "Justice pour Ange" est rapidement apparu pour soutenir la famille du jeune trentenaire.

Ange Dibenesha Marifa, un jeune homme d'une trentaine d'années, est mort dans la nuit de samedi à dimanche à l'hôpital de la Pitié Salpêtrière à Paris. Dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux, sa mère a indiqué que son fils y a été emmené dans la nuit de mercredi à jeudi, à la suite d'un arrêt cardiaque survenu lors d'un contrôle policier.

Mais selon elle, ce n'est que vendredi, après deux jours sans nouvelles d'Ange, que sa famille a été informée qu'il était dans un état de coma cérébral. Elle s'opposait à l'arrêt des soins, une solution que les médecins ont privilégiée. 

"Il a alors été pris de convulsions"

Dans un communiqué de presse diffusé ce dimanche, la préfecture de police de Paris est revenue sur les faits. Ange Dibenesha Marifa aurait été arrêté "en situation d'annulation de son permis de conduire" et en état d'ébriété lors d'un contrôle routier survenu à 1h50 sur le périphérique parisien, à hauteur de la porte d'Italie. 

"A 2h10, alors que les fonctionnaires interpellateurs étaient en attente d'un véhicule de transport de l'interpellé, ce dernier a ingéré une substance non identifiée. Il a alors été pris de convulsions", a-t-elle ajouté.

Il aurait ensuite reçu un massage cardiaque des pompiers arrivés rapidement sur place, avant d'être conduit à l'hôpital de la Pitié Salpêtrière par le Samu. 

Enquête ouverte 

Le parquet de Paris, qui a ouvert jeudi une enquête pour "usage et détention de stupéfiants", a confirmé que le jeune homme était mort samedi soir à l'hôpital. "L'enquête se poursuit depuis en recherches des causes de la mort", a précisé le parquet.

"Une expertise toxicologique doit déterminer le contenu du sachet qu'il a ingéré et une autopsie est prévue lundi pour tenter de déterminer les causes de la mort", selon une source proche du dossier.

La préfecture a ajouté que le parquet a chargé la Brigade de Stupéfiants de la Direction de la Police Judiciaire de Paris de l'enquête.

Vague d'émotion sur les réseaux sociaux

La mort du jeune homme a fait réagir, ce dimanche au sein de la classe politique, sur les réseaux sociaux, sous le hashtag #JusticePourAnge, reprenant ainsi une forme de slogan apparu avec l'affaire Adama Traoré, jeune homme noir de 24 ans érigé en symbole des violences policières par ses proches.

Le président de Génération-s Benoît Hamon a ainsi déclaré: "Quand un jeune homme fait l'objet d'un contrôle de police, est placé en garde à vue et est rendu à sa famille 48h plus tard en état de mort cérébrale, les siens et la société ont le devoir de demander la lumière sur les faits et l'Etat a le devoir d'y répondre."

L'Insoumis Alexis Corbière a quant à lui souligné que "toute la clarté est indispensable sur les conditions du décès d'Ange".

De nombreuses personnalités du monde culturel ont également fait part de leur indignation, reprenant le hashtag "Justice pour Ange".

Clément Boutin