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Police-Justice

Jugé pour avoir tué sa fille handicapée de 6 ans

L'affaire se juge en assises au tribunal de Melun.

L'affaire se juge en assises au tribunal de Melun. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Un homme de 45 ans est jugé devant les assises de Seine-et-Marne pour avoir étouffé son enfant de 6 ans, qui était tétraplégique, épileptique et souffrait d'un fort retard mental.

Il ne supportait plus son lourd handicap. Un père de 45 ans sera jugé à partir de mardi devant les assises de Seine-et-Marne pour avoir étouffé dans son sommeil sa fille de 6 ans, Johana.

Ce maçon s'occupait seul de sa femme malade et de sa fille très dépendante. Il comparaîtra libre devant la cour d'assises pour le plus grave des crimes prévus par le code pénal, l'assassinat. Il encourt la prison à vie.

L'avocat demande de la "compréhension"

Le drame s'est déroulé dans le village de Boulancourt.
Le drame s'est déroulé dans le village de Boulancourt. © Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Le drame s'est déroulé dans le village de Boulancourt, à 80 kilomètres au sud de Paris, le 3 janvier 2011. Après avoir regardé la télévision en famille et couché sa fille vers 20h30, l'homme s'est rendu dans sa chambre, a placé sa main sur sa bouche et l'a étouffée. C'est vers 2 heures du matin qu'il a enfin réveillé sa femme, et qu'il a avoué.

L'avocat de ce père de famille attend "non pas de l'indulgence, mais de la compréhension" de la part de la cour d'assises: "C'est un crime d'amour, une affaire qui sort de l'ordinaire", a déclaré son avocat, Maître Hubert Delarue.

Il voulait se donner la mort

La fille assassinée, Johana, était tétraplégique, épileptique et souffrait d'un fort retard mental. Malgré ses six ans, elle portait des couches, ne pouvait rester assise. L'enfant était entièrement dépendante de ses parents et du centre spécialisé où elle passait ses journées. Le père de famille ne pouvait pas se reposer sur sa femme, maniaco-dépressive: régulièrement hospitalisée, ses traitements l'avaient rendue amorphe.

Devenu "dépressif et inquiet", l'accusé voulait tuer son épouse puis se donner la mort après avoir étouffé sa fille, "mais il n'en a pas eu le courage", relate son avocat. Il avait fait un virement de 10.000 euros sur le compte en banque de sa mère, pour payer les obsèques de toute sa famille. "C'est une accumulation de pressions qui l'a amené à mettre fin aux jours de son enfant", décrit l'avocat.

Un père aimant "épuisé"

Ce père aimant comme le décrivent les psychiatres, était aussi un homme "épuisé", laminé, qui ne prenait plus ses antidépresseurs et se réfugiait dans l'alcool. Il aurait refusé à plusieurs reprises l'aide extérieure.

L'expertise psychiatrique devrait permettre d'en savoir plus lors du procès, l'un des spécialistes ayant estimé lors de l'enquête que son discernement était "altéré" lors des faits et qu'il n'était que "partiellement accessible à une sanction pénale". Le procès est prévu jusqu'à jeudi.

M. K. avec AFP