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Police-Justice

Juan Branco peut-il être l'avocat de Piotr Pavlenski? Une enquête déontologique ouverte

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Une enquête déontologique va être lancée dans les prochains jours par le bâtonnier de Paris pour évaluer si Juan Branco peut continuer à défendre l'activiste russe Piotr Pavlenski, comme il l'indique.

C'est une procédure classique lancée dans une affaire qui fait grand bruit. Le bâtonnier de Paris va lancer dans les prochains jours une enquête déontologique pour évaluer les conditions de la défense de Piotr Pavlenski assurée par Juan Branco. Dimanche, ce dernier, proche des figures du mouvement des Gilets jaunes, avait assuré avoir été dessaisi par le parquet de Paris de ce dossier.

Juan Branco a rencontré ce lundi matin le bâtonnier de Paris, un rendez-vous "logique et normal" pour Me Olivier Cousi. "En qualité de bâtonnier, je suis en charge de la déontologie, c'est-à-dire des règles qui régissent l'exercice de la profession d’avocat", a expliqué le bâtonnier à l'issue de cette entrevue annonçant l'ouverture d'une enquête déontologique, en accord avec Juan Branco, "pour établir si les conditions de sa poursuite dans ce dossier se justifient ou ne se justifient pas".

"La question qui se pose est de savoir s’il peut en sa qualité d’avocat poursuivre dans l’intérêt de son client et dans le respect de nos règles la défense de PP, a encore précisé Me Olivier Cousi. Cette question nous allons l’étudier."

Le bâtonnier pas saisi par le parquet

Cette enquête va être confiée à une commission de déontologie composée de membres du Conseil de l'ordre des avocats de Paris. A l'issue de son enquête, cette commission rendra un avis "dans les meilleurs délais". L'avocat, en l'occurrence Juan Branco, peut alors suivre ou non cet avis. S'il ne le suit pas, il peut s'exposer à des sanctions disciplinaires. "Un avocat est libre de sa défense, lui seul doit apprécier en conscience et au regard des règles déontologiques s'il peut ou si'l doit continuer à défendre un client", appuie le bâtonnier.

Ce lundi matin, Juan Branco a redit sur BFMTV et RMC avoir "accompagné en tant que conseil et avocat et continue de le faire" l'activiste russe Piotr Pavlenski et sa compagne Alexandra de Taddeo, actuellement en garde à vue pour atteinte à la vie privée dans le cadre de l'affaire Griveaux. L'avocat précise ne pas avoir voulu défendre l'activiste russe, cette fois-ci dans l'enquête concernant des violences impliquant Piotr Pavlenski, et pour lesquelles il avait dans un premier temps été placé en garde à vue samedi.

Mais l'avocat précise encore avoir été empêché d'assurer leur défense sur décision du parquet de Paris qui, selon lui, s'est opposé à sa désignation dans le cadre de l'enquête, cette fois-ci, sur la publication de vidéos à caractère sexuel visant l'ancien candidat à la mairie de Paris. Or, selon le code de procédure pénale, le procureur ne peut prendre seul cette décision, il doit saisir le bâtonnier. Me Olivier Cousi a assuré ne pas avoir été saisi de son cas.

Justine Chevalier