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"Jihad, je suis une bombe": la mère au tribunal mercredi

Le t-shirt porté par le petit Jihad.

Le t-shirt porté par le petit Jihad. - -

La mère et l'oncle de l'enfant comparaîtront devant le tribunal d'Avignon pour "apologie de crimes".

A trois ans, Jihad s'était présenté à l'école vêtu d'un tee-shirt proclamant "je suis une bombe" et "Jihad, né le 11 septembre". Mercredi, sa mère et son oncle comparaissent devant le tribunal correctionnel d'Avignon pour "apologie de crime". Bouchra Bagour, 35 ans, et son frère Zeyad Bagour, 29 ans, comparaîtront sur citation du parquet d’Avignon.

Rappel des faits: le 25 septembre, le garçon, prénommé Jihad et effectivement né un 11 septembre, était venu en classe, à son école de Sorgues, dans le Vaucluse. L'enfant portait un cadeau de son oncle: un tee-shirt portant les inscriptions "Je suis une bombe" sur la poitrine et au dos "Jihad, né le 11 septembre".

"Une mauvaise blague"

Le procès initialement prévu le 19 décembre avait été renvoyé à la demande de la défense, qui souhaitait un délai supplémentaire pour étudier la recevabilité de la constitution de partie civile de la ville de Sorgues.

"Ils ne comprennent pas aujourd'hui les faits qu'on leur reproche", avait déclaré en décembre leur avocate, Me Gaële Guenoun.

"Ma cliente a fait preuve d'une grande naïveté", avait-elle ajouté. "Son fils s'appelle Jihad, c'est le prénom que son père lui a choisi. Ma cliente ne fait aucune apologie". L'avocate a rappellé que sa cliente avait présenté ses excuses aux enseignants de l'école et que le t-shirt n'avait été porté qu'une fois.

Le frère "a peut-être voulu faire une marque d'humour," avait-elle encore dit, évoquant une "mauvaise blague".

Le MRAP décrit "une famille paisible"

Frère et sœur ont reçu le soutien du Mrap, qui estime "qu'il s'agissait d'une plaisanterie innocente". L'association rapelle que Jihad est "un prénom classique dans la tradition arabo-musulmane". Lancée sur les réseaux sociaux, une pétition du Mrap contre la plainte avait recueilli lundi 134 signatures.

Le maire UMP de Sorgues, Thierry Lagneau, ne croit pas à "une plaisanterie" et qualifie l’affaire de "grave et importante".

"L’association de ces quatre mots, on voit bien à quoi on veut faire allusion, on n’a pas marqué en totalité la date de naissance de l’enfant", a-t-il indiqué. "Les gens ont apprécié que j’ai réagi. Si je ne l’avais pas fait, de quoi m’aurait-on accusé? De banaliser quelque chose qui est assez grave".

Les deux prévenus, qui ne sont pas identifiés comme des islamistes radicaux et que le Mrap décrit comme "une famille paisible", encourent cinq ans de prison et une amende de 45.000 euros.

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