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Jean-Vincent Placé jugé après une nuit d'ivresse mouvementée dans un bar parisien

Jean-Vincent Placé et son avocat le 11 juillet 2018 au palais de Justice de Paris.

Jean-Vincent Placé et son avocat le 11 juillet 2018 au palais de Justice de Paris. - Jacques Demarthon - AFP

L'ancien ministre avait été arrêté le 5 avril en état d'ébriété, après avoir provoqué un incident avec une jeune femme et le videur d'un bar, et insulté des policiers.

Jean-Vincent Placé réapparaît… devant la justice. L'ancien ministre de 50 ans comparaît ce mercredi devant les juges pour "violences, injures à caractère racial et outrage à agents", après une nuit mouvementée dans un bar parisien, le 5 avril dernier.

Ce soir là, Jean-Vincent Placé dîne au restaurant du Sénat avec plusieurs amis, dont le sénateur Loïc Hervé. L'alcool coule à flots. Il est 2h lorsque les deux hommes débarquent ensuite au bar la Piscine, dans le 6e arrondissement de Paris. Rapidement, la situation dérape. Jean-Vincent Placé interpelle une jeune femme, accoudée au bar avec une amie. Il les invite à danser, leur propose de leur offrir un verre. A l'une d'elles, il propose de danser avec son ami "contre rémunération".

"On n'est pas à Ouagadougou"

Face à son refus, Jean-Vincent Placé lui saisit le bras. La jeune fille affirme avoir entendu de sa part: "mais vas-y, je te paye". Elle se plaint au videur, qui prie l'ancien ministre, manifestement saoul, de quitter les lieux. Parmi les réponses de l'intéressé: "On n'est pas au Maghreb ici, tu ne sais pas qui je suis, je vais te descendre en Afrique moi, tu vas voir". Puis "on n'est pas à Ouagadougou, Ryanair fait des promotions" et enfin "le prix de ma chemise ça fait un RSA complet pour ta famille". Il affirme avoir alors reçu une gifle du videur, qui aurait cassé ses lunettes.

Expulsé du bar, l'ancien sénateur se retrouve face à une brigade anti-criminalité. Il les accueille par un "espèce de tocards, vous ne savez pas qui je suis". Jean-Vincent placé est finalement embarqué au commissariat du 6e arrondissement. En garde à vue, où il restera 37 heures, l'éthylotest révèle un taux de 1,16 mg d'alcool par litre d'air expiré. Une fois au commissariat, Jean-Vincent Placé reconnaît un comportement "inadapté et moralement répréhensible" envers la jeune femme, mais conteste l'avoir brutalisée ou insultée.

Au portier, il reconnaît avoir seulement dit: "on n'est pas au Maghreb ici" et conteste toute pensée raciste. Selon ses avocats, il aurait maladroitement voulu "exprimer sa perception des relations hommes/femmes dans cette région du monde où le fait pour un homme d'inviter une femme à danser dans un établissement de nuit ou de lui offrir un verre pourrait être mal perçu".

Placé conteste les accusations de racisme

Dix jours plus tard, l'ancien ministre exprime ses regrets dans Paris Match. "Je mesure bien la honte et l’indignité d’avoir été en état d’ébriété, d’avoir eu un comportement déplacé et inconvenant. J’en paierai les conséquences." Il confesse un réel problème avec l'alcool: "J'ai réalisé que, dans les derniers mois, j'avais bu excessivement en diverses circonstances. Il y a eu des excès, de l'alcoolisme. J'assume le mot (...)".

Mais là encore, il conteste certaines accusations: "Une chose est de boire trop, une autre d'être pris pour un pervers et un raciste. Je n’ai jamais insulté cette jeune femme (…) Je n’ai jamais proféré d’insultes racistes". Quant à l'accusation d'outrage à agents, il ne la conteste pas: mais selon lui, elle est à "replacer dans ce contexte d'énervement", après l'altercation avec le videur du bar.

La politique semble loin désormais pour Jean-Vincent Placé. L'ancien membre du gouvernement a démarré une activité de consultant en stratégie en développement pour des entreprises souhaitant s'implanter en Corée du Sud et au Maroc. Il risque jusqu'à trois ans de prison.

Ariane Kujawski