BFMTV

Jacques Rançon, "le tueur de la gare de Perpignan", en garde à vue pour un meurtre de 1986

Jacques Rançon a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour le meurtre de deux jeunes femmes à la fin des années 90.

Jacques Rançon a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour le meurtre de deux jeunes femmes à la fin des années 90. - AFP

Jacques Rançon, condamné en mars 2018 à la réclusion criminelle à perpétuité pour un double meurtre, a été extrait de sa cellule pour être entendu dans le cadre d'une autre enquête pour le meurtre d'une jeune femme en 1986.

Jacques Rançon a été extrait de sa cellule de la maison d'arrêt de Béziers pour être entendu dans le cadre d'une autre affaire. Transféré à la gendarmerie de Béziers, celui qui a été surnommé "le tueur de la gare de Perpignan" est interrogé sur le meurtre d'Isabelle Mesnage, une jeune femme de 20 ans retrouvée morte sur un chemin de terre en juillet 1986, a-t-on appris confirmant une information d'Europe 1. Placé en garde à vue mardi matin, cette mesure a été prolongée ce matin.

Ce n'est pas la première fois que Jacques Rançon est entendu dans le cadre de ce dossier. Déjà lors de l'instruction pour les meurtres de Marie-Hélène Gonzalez et Mokhtaria Chaïb, commis en 1997 et 1998 et pour lesquels il a été reconnu coupable, les juges de Perpignan l'avait interrogé sur cette affaire. Jacques Rançon avait nié et aucune suite n'avait été engagé, précise à BFMTV Me Xavier Capelet, l'un des avocats de cet homme condamné à la réclusion criminelle à perpétuité.

Mode opératoire similaire

Ce placement en garde à vue intervient après la réouverture de l'enquête sur le meurtre d'Isabelle Mesnage le 21 avril 2018 par le parquet d'Amiens à la suite de l'intervention des avocats de la famille de la jeune infirmière. Une information judiciaire a été ouverte en octobre 2018, deux juges d'instruction étaient alors saisis pour étudier la possibilité de la présence de Jacques Rançon en 1986 dans la région d'Amiens d'où il est originaire tandis que de nouveaux éléments sont apparus dans ce dossier qui avait fait l'objet d'un non-lieu en 1992, faute d'éléments probants pour identifier l'auteur du crime.

En 2016, le père d'Isabelle Mesnage se rapproche de Me Seban et Me Herrmann. Les avocats ont connaissance d'autres dossiers dans la région, notamment de viols. Jacques Rançon habitent à seulement quelques kilomètres de là. Ils vont donc saisir le parquet d'Amiens. Les enquêteurs ont désormais la certitude que l'homme se trouvait dans la Somme au moment du meurtre d'Isabelle Mesnage. Un autre élément laisse penser à la crédibilité de la piste Rançon: le mode opératoire.

"Ce que les médecins légistes à l'époque n'avaient pas vu, c'est qu'Isabelle Mesnage a subi des mutilations terribles que l'on retrouve chez les anciennes victimes de Jacques Rançon", détaille Me Didier Seban, condamné pour des viols dans la région.

Isabelle Mesnage a disparu le 28 juin 1986, alors qu'elle rentrait d'un match de tennis. Elle avait été retrouvée morte le 3 juillet 1986 sur un chemin de terre à Corbie, à une vingtaine de kilomètres d'Amiens, et à quelques mètres de là où Jacques Rançon avait déjà agressé une femme. A côté du corps de l'informaticienne, les enquêteurs ont retrouvé ses effets personnels et un morceau de bois ensanglanté. Ses vêtements étaient en partie déchirés et le corps de la jeune femme portait de graves mutilations, du même type que celles infligées aux deux victimes de la gare de Perpignan. Des éléments sur lesquels Jacques Rançon va être interrogé par les gendarmes de la Section de recherche d'Amiens.

Justine Chevalier