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Jack Lang accusé d'avoir reçu 47 costumes de luxe d'une valeur de 500.000 euros entre 2003 et 2018

Jack Lang - Ludovic Marin - AFP

Jack Lang - Ludovic Marin - AFP - -

Des perquisitions ont eu lieu en novembre dans les locaux de la marque italienne Smalto, dans l'enquête sur les costumes qui auraient été reçus en cadeau par l'ex-ministre.

L'enquête préliminaire qui avait été ouverte en mars dernier par le parquet de Paris pour "abus de biens sociaux" dans le cadre de l'affaire sur les costumes de Jack Lang avance, et les faits se précisent.

Le magazine L'Obs et Le Canard enchaîné révèlent ce mardi que la marque italienne Smalto aurait offert pas moins de 47 costumes à l'ancien ministre de la Culture et actuel président de l'Institut du monde arabe sur la période 2003-2018, des cadeaux dont la valeur pourrait dépasser les 500.000 euros. 

Des perquisitions chez Smalto en novembre

Le siège et la boutique de l'entreprise italienne Smalto, situé dans le 8e arrondissement de Paris, ont été perquisitionnés au mois de novembre dernier par les policiers de la brigade financière. Selon les documents retrouvés par la police, consultés par L'Obs, Jack Lang a reçu des costumes dès l'année 2003, lorsqu'il était député socialiste du Pas-de-Calais. Alors que la période initialement visée par l'enquête s'étalait de 2013 à 2018.

Ayant été parlementaire de 2002 à 2012, Jack Lang aurait dû déclarer ces dons au déontologue de l'Assemblée nationale, comme cela était prescrit depuis 2011 par le code de déontologie censé mettre le doigt sur les éventuels conflits d'intérêts des députés.

L'avocat de Jack Lang, Me Nicolas Huc-Morel, interrogé par le magazine L'Obs, affirme que son client nie toute infraction. Il considère aussi que la marque Smalto a été la principale bénéficiaire de ces présents.

"Alain Duménil était ravi que Jack Lang, véritable ambassadeur de la mode, accepte de porter des costumes de cette maison lors de ses représentations officielles", plaide l'avocat. 

"Pas des cadeaux à proprement parler"

"Monsieur Lang ne considère pas ces costumes comme des cadeaux à proprement parler", avance Me Laurent Merlet, autre avocat de l'ancien ministre de la Culture socialiste. "Compte tenu de sa notoriété, il assurait la représentation de la maison Smalto lors des événements officiels. Comme lors d’un voyage en Egypte en janvier dernier en compagnie d’Emmanuel Macron où il portait les costumes de la marque. "

L'avocat de Jack Lang reconnaissait déjà en mars dernier que son client, s'était "bien vu offrir des costumes par la société Smalto depuis quelques années. Mais cela s'est fait à l'initiative du créateur Francesco Smalto, mort depuis (en 2015, ndlr)". "La Maison Smalto n'a jamais adressé aucune facture à M. Lang" et "ses cadeaux n'ont jamais eu aucune contrepartie", avait-il ajouté. D'après L'Obs, aucun contrat de prêt ou de représentation n’a été signé entre Jack Lang et l'entreprise de prêt-à-porter italienne sur la dite période.

Jeanne Bulant