BFMTV

"J'ai pris un coup de poing dans l'oeil": un serveur agressé par un client refusant de montrer son pass sanitaire

Les faits se sont déroulés lundi à Saintes, en Charente-Maritime. La victime, responsable de salle, déclare vouloir porter plainte.

Hostilité et tension prospèrent à la faveur de l'extension du pass sanitaire. Les témoignages s'accumulent du côté des professionnels. Lundi, c'est un serveur de Saintes, en Charente-Maritime, qui en a fait les frais. Alors qu'il s'apprêtait à servir un client habituel, le responsable de salle a écopé d'un coup de poing au visage.

"Il m'a demandé un café, je lui ai simplement, avant de lui emmener le café, demandé s'il pouvait me présenter son pass sanitaire", raconte Mathias Coutant sur BFMTV.

"Il est complètement sorti de ses gonds"

Il explique ensuite avoir assuré au client qu'il le servirait malgré tout à défaut, mais qu'"à partir de lundi prochain", il faudra le lui présenter sinon il ne le servirait plus. Une phrase qui a allumé la mèche chez ce client.

"Il est complètement sorti de ses gonds, il s'est levé, il m'a poussé, je me suis retourné (...) et puis avant que je puisse dire quoi que ce soit, j'ai pris un coup de poing dans l'oeil. Tout ça pour qu'il me dise juste avant de me frapper 'mon pass sanitaire est dans ma poche, qu'est-ce que vous voulez de plus?'".

Si Mathias Coutant a continué de travailler après cette agression, il fait part de son intention de porter plainte.

Des professionnels de santé également visés

Le serveur n'est pas le premier professionnel à faire état de violences ou de comportements hostiles, à la faveur des annonces et désormais de l'extension effective du pass sanitaire. Les acteurs du monde de la santé font aussi état d'une recrudescence de comportements dommageables.

Mercredi, une pharmacienne du Haut-Rhin expliquait sur notre antenne que son officine avait été prise pour cible et que la tente où sont réalisés les tests antigéniques avaient été partiellement incendiée. Des inscriptions avaient été tracées au sol, telles que "docile", "lobotomisé".

Dans un courrier adressé aux présidents des ordres professionnels et directeurs des agences régionales de santé mercredi, le ministre de la Santé Olivier Véran a apporté un "soutien inconditionnel" aux personnes mobilisées contre l'épidémie.

"Je n'accepterai aucune violence, aucune intimidation, aucune atteinte à leur intégrité physique ou à leur outil professionnel", a-t-il écrit.

De nouvelles manifestations doivent se tenir ce samedi contre le pass sanitaire. Selon nos informations, les renseignements territoriaux prévoient une mobilisation en hausse.

Clarisse Martin Journaliste BFMTV