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Incendie de Notre-Dame: les théories du complot et fake news se multiplient

Incendie de Notre-Dame de Paris.

Incendie de Notre-Dame de Paris. - Fabien Barrau - AFP

Les théories du complot et les fake news se multiplient depuis lundi soir, cherchant des explications à l'incendie de Notre-Dame.

L'enquête va durer "des mois", selon Laurent Nuñez, le secrétaire d'Etat à l'Intérieur, pour déterminer l'origine de l'incendie qui a ravagé Notre-Dame de Paris lundi soir. Alors que les autorités privilégient la piste de l'accident, les théories du complot et fake news se multiplient sur la toile, affirmant détenir d'autres explications.

Nombreux sont ceux à avoir notamment signalé, entre ironie et suspicion, que cet incendie avait poussé le président français Emmanuel Macron à repousser une allocution très attendue en pleine crise sociale. Des groupes Facebook de "gilets jaunes" ont d'ailleurs décidé de limiter temporairement les publications pour éviter la diffusion de rumeurs de ce type, qui se multipliaient.

  • Attentat ou accident?

Interrogé sur la chaîne américaine Fox News, un élu de Neuilly, Philippe Karsenty, évoquait dès lundi soir l'hypothèse d'un attentat. "C’est très choquant. Nous devons savoir que des églises sont vandalisées en France toutes les semaines", a t-il commencé avant de lancer: "Bien sûr, le politiquement correct va vouloir nous faire croire que c’est un accident." Il a été rapidement coupé par le journaliste qui a aussitôt rétorqué: "Nous n'allons pas spéculer ici sur des causes que nous ne connaissons pas".

Plusieurs personnalités de l'opposition ont également joué sur l'ambiguïté dans les médias ou sur les réseaux sociaux, profitant immédiatement du drame pour faire passer un message politique. "Comment ne pas voir le lien entre l'incendie de ce chef-d'oeuvre du patrimoine religieux français et le président de la République française", a tweeté Christine Boutin, la présidente d'honneur du Parti chrétien-démocrate (droite). Avant de supprimer son tweet et de saluer une "belle intervention" d'Emmanuel Macron.

Alimentant cette théorie, certains assuraient lundi que "deux foyers" d'incendie avaient été découvert. Un fait qui remettrait en cause l'origine accidentelle du sinistre. D'autres affirmaient que la couleur des flammes était la preuve d'un feu volontaire. Le procureur de Paris n'avait néanmoins pas parlé de deux "foyers" mais de deux "alertes". "Une première alerte a eu lieu à 18 heures 20 où aucun départ de feu n'a été constaté. Une seconde alerte a été donnée à 18 heures 43, et là, le feu a été constaté au niveau de la charpente" avait-il expliqué. 

  • Une "punition divine"

L'incendie de la cathédrale a également donné lieu à des interprétations politico-religieuses beaucoup plus précises: deux tabloïds serbes ont évoqué une "punition divine" provoquée par la présentation d'un drapeau du Kosovo dans son enceinte lors d'une cérémonie en 2018, avant de retirer leurs articles. 

Et d'autres internautes y ont vu une vengeance contre un jeune Français, Hugo, auteur d'un tweet humoristique basé sur une photo de La Mecque, jugée blasphématoire par certains musulmans, et qui lui avait valu une avalanche de menaces de mort sur les réseaux sociaux. 

  • Une personne sur le toit

D'autres internautes ont relayé de nombreuses fois une photo, croyant y voir une personne sur le toit, à proximité des flammes. Certains évoquaient un déséquilibré. Le service de fact-checking de l'AFP a rapidement démenti l'information, expliquant qu'il s'agit d'une statue... de la Vierge.

D'autres partageaient la photo d'une personne en chasuble jaune progressant le long des tours de Notre-Dame, laissant penser à un gilet jaune. En zoomant, on se rendait néanmoins compte qu'il s'agissait d'un pompier.

  • Toutes les rosaces détruites?

Plusieurs tweets annonçaient aussi la destruction des trois rosaces du XII et XIIIe siècles. Ces dernières ont été épargnées par les flammes. 

"De ce que j'ai pu voir, les vitraux n'avaient pas été touchés, les trois belles roses qui datent des 12e et 13e siècles étaient encore là", explique sur BFM Paris André Finot, porte-parole de la cathédrale, qui a pu pénétrer dans la nef durant la nuit. 

Certains vitraux ont bel et bien subi des dégâts mais ces derniers sont plus récents. "Ce sont des vitraux du 19e siècle, beaucoup moins importants qui ont pu être touchés, mais pas les joyaux du 13e siècle, c'est un peu un miracle, on est très soulagés", a expliqué le porte-parole de la cathédrale.

Cyrielle Cabot