BFMTV

Incendie à l'usine Lubrizol de Rouen: l'enquête confiée à trois juges d'instruction

Une information judiciaire a été confiée, ce mardi, à trois juges d'instruction du pôle santé publique du parquet de Paris

Un mois après qu'un incendie a ravagé l'usine Lubrizol de Rouen, une information judiciaire a été ouverte contre X pour sept chefs d'accusation, ce mardi, par le parquet de Paris. Elle a été confiée à trois juges d'instruction du pôle santé publique du parquet, selon des sources concordantes à BFMTV.

Selon le communiqué de presse du parquet, l'information judiciaire a été notamment ouverte pour "destruction involontaire par incendie due à la violation manifestement délibérée d’une obligation de sécurité ou de prudence", "blessures involontaires ayant entraîné une incapacité inférieure ou égale à 3 mois par manquement délibéré à une obligation de prudence", "mise en danger de la vie d’autrui par violation manifestement délibérée d’une obligation de sécurité ou de prudence" et "exploitation d’une installation classée sans respect des règles générales et prescriptions techniques".

Les trois derniers chefs d'accusation concernent quant à eux l'impact de l'incendie sur l'environnement: "exploitation non conforme d’une installation classée ayant porté une atteinte grave à la santé, la sécurité ou dégradé substantiellement la faune, la flore, la qualité de l’air, du sol ou de l’eau", "rejet en eau douce de substances nuisibles au poisson" et "déversement de substance nuisible dans les eaux souterraines, superficielle ou de la mer". 

L'origine du feu toujours inconnue

Dans le communiqué du parquet de Paris, il est indiqué que 545 plaintes ont été déposées et que les enquêteurs ont auditionné près d'une centaine de témoins. Ils ont également analysé une soixantaine de vidéos extraites des systèmes de vidéo-surveillance. 

"Les perquisitions réalisées le 10 octobre au sein des locaux administratifs des sociétés Lubrizol et Normandie Logistique ont permis de saisir de nombreux documents et 140 giga de données informatiques. Des prélèvements de résidus de combustion des produits stockés, effectués par l’Institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie Nationale lors des constatations sur site entre les 8 et 11 octobre, ont également été placés sous scellés", a poursuivi le parquet dans le communiqué.

"Les nombreux actes d’ores et déjà réalisés n’ont pas permis de déterminer, à ce stade, les causes de cet incendie ni de localiser avec précision son origine", a néanmoins indiqué le procureur de la République Rémy Heitz, dans le document.

Rym Bey avec Clément Boutin