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Implantés en Espagne, ils prostituaient des femmes en France: un réseau de proxénétisme démantelé

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Image d'illustration - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

13 personnes ont été interpellées mardi en Espagne, en France, en Italie et en Roumanie dans le cadre d'une enquête sur un réseau international de proxénétisme. 40 victimes ont été recensées à ce stade en France.

L'espoir d'un vrai travail, d'une vie meilleure, avant de connaître la précarité et la prostitution. Depuis plusieurs mois, au moins, des Colombiennes vivaient cette trajectoire tragique imposée par des proxénètes qui avaient monté un réseau international entre la Colombie, l'Espagne et la France leur permettant d'exploiter ces jeunes femmes.

L'existence de ces victimes n'aurait peut-être jamais pu être mise à jour si deux d'entre elles n'avaient pas réussi à s'échapper de leur logement. C'était en juin dernier: deux femmes de nationalité colombienne se présentent au commissariat de Montpellier pour dénoncer leur situation. Elles évoquent des violences, une prostitution imposée dans un logement où elles sont surveillées par un homme et qu'elles ont interdiction de quitter. L'individu est alors interpellé.

Une "véritable entreprise familiale"

Les perquisitions menées par les enquêteurs de la police judiciaire de Montpellier vont rapidement mettre en évidence que l'homme n'a rien d'un proxénète isolé mais fait partie d'un réseau de plus grande ampleur qui trouve ses racines en Espagne. À Barcelone, un clan colombien avait implanté une "véritable entreprise familiale", des mots des enquêteurs, qui s'occupait de recruter des jeunes femmes en Amérique du Sud, de les faire venir en Europe, grâce à l'intervention d'un faussaire basé en Italie, puis de les envoyer en France pour les exploiter, après avoir pris soin de leur retirer leur passeport.

L'enquête menée conjointement par la police judiciaire de Montpellier et par l'Office central de répression de la traite des êtres humains (OCRTEH), avec le soutien de leurs collègues espagnols, a permis d'établir que ces femmes étaient logées en France par ce clan colombien dans des appartements pour recevoir des clients. Les proxénètes, depuis Barcelone, tenaient un call center où ils prenaient les "rendez-vous" avec les clients, chaque ligne correspondant à une victime. Ils mettaient également à jour les annonces publiées sur leur site internet. Annemasse, Angers, Cholet, Montpellier, Perpignan... pas moins de 18 appartements ont été découverts dans toute la France.

A la tête d'un call center

Mardi, grâce à "une coopération internationale exemplaire", salue la commissaire Elvire Arrighi, la cheffe de l'OCRTEH, qui a permis de mener les investigations, treize individus ont été interpellés. Huit en Espagne, trois en France, un en Italie et un en Roumanie. Les huit Colombiens, bien implantés en Espagne, étaient sous le coup d'un mandat d'arrêt européen et cinq d'entre eux vont être présentés dans les prochains jours à un juge français.

Dans le même temps, tous les services de police judiciaire où ont été localisés ces appartements aux quatre coins du territoire ont été sollicités pour procéder à des perquisitions dans ces locaux et recueillir les victimes. Une quarantaine d'entre elles ont été identifiées depuis le mois de juin dernier. Mais ce nombre pourrait être bien plus important car les proxénètes opéraient depuis plusieurs années. Cette enquête a également permis d'établir l'existence d'un autre réseau de proxénétisme depuis la Roumanie. Là encore, les proxénètes avaient recours à l'homme interpellé en juin après l'alerte lancée par deux des victimes au prémice des investigations.

https://twitter.com/justinecj Justine Chevalier Journaliste police-justice BFMTV