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Avignon: confinés, ils prostituaient quatre jeunes femmes dans leur appartement

La police judiciaire d'Avignon et la BAC ont procédé aux interpellation.

La police judiciaire d'Avignon et la BAC ont procédé aux interpellation. - AFP

Deux hommes ont été mis en examen pour "proxénétisme aggravé" et "séquestration", notamment, après avoir prostitué quatre jeunes femmes depuis le début du confinement dans un appartement à Avignon.

Pendant trois semaines, quatre jeunes femmes ont vécu un huis clos violent. Séquestrées dans un appartement à Avignon, elles ont été forcées à se prostituer par deux hommes, qui les frappaient et les menaçaient. Un calvaire qui a pris fin la semaine dernière avec l'interpellation des deux bourreaux, a appris BFMTV.com de source policière. Ils ont depuis été mis en examen pour "proxénétisme aggravé" et "séquestration", mais aussi "violence avec arme" et "détention d'arme".

Il y a plusieurs semaines, l'une de ces quatre jeunes femmes rencontre à Avignon l'un des deux hommes. La jeune femme de 19 ans, originaire du Vaucluse, en rupture familiale, se livre à la prostitution pour subvenir à ses besoins. L'individu lui propose alors d'assurer sa sécurité. Le binôme fait également la connaissance d'une autre femme, originaire elle de Chalon-sur-Saône. Cette femme, qui s'adonne également à la prostitution dans le Vaucluse pour vivre, fait venir deux de ses amies.

"Est-ce que c'était une simple visite ou est-ce que c'était pour la prostitution, nous ne le savons pas", reconnait une source proche de l'enquête.

Ils profitent du confinement pour les séquestrer

L'histoire aurait pu être toute autre. Alors que le coronavirus frappe la France et que le confinement est décrété, l'homme et un ami décident de louer un appartement en plein centre-ville d'Avignon pour y loger. Les quatre jeunes femmes, âgées de 19 à 24 ans, les rejoignent. Pendant deux jours, le petit groupe s'amuse, fait la fête, mais l'ambiance change rapidement. Les deux hommes imposent aux femmes de se livrer à la prostitution dans l'appartement en passant une annonce sur Internet.

Les quatre victimes subissent d'abord des pressions, des intimidations, puis cela va monter crescendo. Elles n'ont d'abord droit de sortir que pour faire les courses, puis ces sorties sont encadrées. L'une des jeunes femmes n'est d'ailleurs pas sortie de l'appartement pendant trois semaines. Leur téléphone portable leur est retiré chaque soir. Les menaces sont continuelles notamment pour la plus jeune: les proxénètes, qui savent où sa famille habite la menacent de représailles. Les violences sont également fréquentes, au point que l'une d'entre elles perdra connaissance .

Une arme retrouvée dans le logement

Le 31 mars dernier, les deux hommes quittent l'appartement direction Marseille pour récupérer un véhicule et de la drogue. La plus âgée des jeunes femmes réussit à les convaincre de laisser la porte ouverte afin qu'elle aille faire des courses. Elle en profite pour appeler la police. Sur place, les hommes de la police judiciaire et de la BAC d'Avignon trouvent la porte de l'appartement du 3e étage, le seul occupé dans l'immeuble, ouverte. A l'intérieur se trouvent alors les quatre jeunes femmes qui donnent l'identité de leurs bourreaux.

La fouille de l'appartement permet d'attester une activité de prostitution avec la présence de nombreux préservatifs dans la poubelle de l'une des chambres. Un dispositif d'interpellation est alors mis en place au retour des deux hommes recherchés. Sur eux est retrouvée une clé qui permet d'ouvrir une autre chambre du logement. A l'intérieur, les policiers découvrent un pistolet automatique, des munitions et du matériel de conditionnement de stupéfiant. 

Placés en garde à vue, les deux hommes, âgés de 22 et 29 ans, ne reconnaissent pas les faits et assurent que l'arme ne leur appartient pas. "Ils se vantent même d'avoir payé le logement et la nourriture", s'étonne une source policière. Connus des services de police pour des affaires de violence ou de vol, l'un d'eux a également été impliqué dans une affaire de meurtre en 2019 à Bollène. L'enquête se poursuit sur commission rogatoire notamment sur le volet trafic de stupéfiant.

Justine Chevalier