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Ils torturent un chiot et sont condamnés à du sursis

Ce vendredi, la justice a condamné deux jeunes hommes pour "sévices envers un animal apprivoisé" (photo d'illustration).

Ce vendredi, la justice a condamné deux jeunes hommes pour "sévices envers un animal apprivoisé" (photo d'illustration). - -

Attaché au pare-choc d'un véhicule, le chien boxer de huit mois avait été traîné sur un kilomètre. Un calvaire qui lui a laissé des séquelles. Les auteurs des faits ne se sont pas présentés à l'audience.

Un jour de mai 2012, gisant sur le bitume d'une station-service, les policiers municipaux et le vétérinaire des sapeurs-pompiers de Montauban ont récupéré un chiot à la peau déchiquetée. Attaché au pare-choc d'une voiture, "Gary" venait d'être traîné sur un kilomètre, selon la Dépêche du Midi qui avait révélé l'affaire. Ce vendredi, les auteurs de ce sévice ont été condamnés à quatre mois de prison avec sursis.

Me Laure Bergès-Kuntz, qui représentait à l'audience quatre associations de défense et de protection des animaux parties civiles, ne décolère pas. "C'est une offense à la cause animale", estime-t-elle, jointe par BFMTV.com. "On ne tire aucun enseignement d'un jugement comme ça! Ou bien on les juge coupable et il faut une peine exemplaire, ou bien on les disculpe et dans ce cas on les relaxe. Mais cette peine mi-figue mi-raisin n'a aucun sens."

Le 15 février dernier, la Dépêche du Midi publiait une photo du chiot au lendemain du drame.
Le 15 février dernier, la Dépêche du Midi publiait une photo du chiot au lendemain du drame. © -

Interdits à vie de détenir des animaux

Son confrère Me Xavier Bacquet, qui représentait l'association 30 Millions d'amis, se félicite néanmoins que cette peine ait été assortie d'une "interdiction définitive de détenir des animaux de compagnie", prévue par le Code pénal. "C'était ce qui importait pour nous." Tout en regrettant que l'absence des prévenus à l'audience n'ait conféré au jugement "aucune vertu pédagogique".

Deux des trois occupants du véhicule, le conducteur et un passager, avaient été renvoyés devant le juge pour répondre de "sévices graves ou actes de cruauté envers un animal apprivoisé". Aux enquêteurs, ces deux jeunes hommes ont nié les faits: "à les entendre, ce sont d'autres personnes qui avaient attaché le chiot à l'arrière et ils ne s'en sont pas rendu compte", indique Me Bacquet.

Ce qui, pour l'avocat, ne tient pas la route: "si tel était le cas, "les passagers du véhicule, au moins, auraient dû s'en rendre compte", souligne-t-il à BFMTV.com. Pour les parties civiles, l'acte de cruauté ne faisait aucun doute.

"Ils n'en ont rien à faire"

Leur absence à l'audience, le 14 février dernier, prouve pour sa consoeur Laure Bergès-Kuntz qu'ils n'en avaient en réalité "rien à faire". "C'est d'ailleurs ce que l'un d'eux a lâché aux enquêteurs", s'insurge-t-elle. L'avocate regrette que la condamnation d'un jeune homme à un an de prison ferme pour avoir torturé un chat, il y a trois semaines à Marseille, n'ait pas fait jurisprudence.

De la prison ferme, c'est ce que le procureur avait requis à l'encontre du conducteur du véhicule, qui avait également, selon Me Bergès-Kuntz, "marché sur l'animal". Il avait en revanche demandé la relaxe pour le passager.

Le chien boxer, âgé du huit mois au moment des faits, s'en est pour sa part tiré après neuf opérations. Aujourd'hui, Gary va bien. Il a été adopté et "ne se plaint jamais", note Me Bergès-Kuntz. "Mais il a peur de tout. Et notamment, il n'ose plus entrer dans une voiture."

Mathilde Tournier