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Hospitalisé à sa demande, quand Nordahl Lelandais retournera-t-il en prison?

Trois jours après avoir avoué la mort de Maëlys, l'ex-militaire de 34 ans a été transféré dans l'unité hospitalière spécialement aménagée pour les détenus en souffrance psychologique qui se situe dans le centre hospitalier du Vinatier, à Bron. Un transfert réalisé à la demande du détenu et pour une durée indéterminée.

Envie suicidaire, dépression ou simple stratagème pour quitter sa cellule, l'état de santé psychologique de Nordahl Lelandais reste incertain au lendemain de son transfert dans une unité hospitalière spécialement aménagée pour les détenus située dans le centre hospitalier du Vinatier, à Bron dans le Rhône. L'ex-militaire de 34 ans, qui a avoué mercredi le meurtre de Maëlys, a quitté sa cellule de la prison de Saint-Quentin-Fallavier vendredi en fin de journée.

Ce transfert a été organisé à la demande de Nordahl Lelandais, lui-même. L'homme, qui a indiqué aux juges avoir tué "involontairement" la petite fille le 27 août dernier, a rencontré dans la journée de vendredi un psychologue et un psychiatre. "C'est sa volonté à lui", confirme Manuel Ciges, délégué régional FO Pénitentiaire Rhône-Alpes-Auvergne. "Il a dû discuter avec le psychiatre ou le psychologue à la prison de Saint-Quentin et, en adéquation avec les personnels soignants, il a décidé de venir à l'unité hospitalière."

Le syndicaliste, parlant d'"hospitalisation libre", ajoute: "Si demain il (Nordahl Lelandais, NDLR) demande à réintégrer la prison, il pourra réintégrer la prison."

Avis du personnel médical

Depuis 2002, les détenus ont la possibilité de demander un transfert pour des raisons psychiatriques, avec avis du personnel médical. "Il n’y a plus de nécessité comme autrefois que le détenu soit dangereux et nécessite une hospitalisation d’office", explique Pierre Lamothe, ancien chef du service médico-psychiatrique régional des prisons de Lyon.

"Evidemment ce sont les médecins qui en sont juges, on peut toujours demander et se voir opposer une fin de non recevoir."

Si le transfert, vendredi, de Nordahl Lelandais n'a pas été motivé par une tentative de mettre fin à ses jours, mais a été organisé par précaution. Il se pourrait que le meurtrier présumé de la petite Maëlys ait des envies suicidaires. Après six mois à nier son crime, l'ex-militaire de 34 ans a été poussé aux aveux après la découverte d'une micro-goutte de sang appartenant à l'enfant dans le coffre de son véhicule.

"Le type de personnalité dont on a parlé à propos de Nordahl Lelandais peut très bien représenter une indication de soins, soit car on peut être dans une situation de désespoir et être suicidaire, soit parce qu’on peut ne pas se reconnaître dans ce qu’on a fait et être particulièrement en porte-à-faux par rapport à soi-même, soit parce qu’on peut aussi être dans une demande utilitaire qui sera peut-être ensuite remise en question", détaille Pierre Lamothe.

Surveillance renforcée

Incarcéré depuis sa mise en examen pour "enlèvement, séquestration ou détention arbitraire de mineur de 15 ans" le 3 septembre dernier à la maison d'arrêt de Varces-Allières-et-Risset, Nordahl Lelandais avait été transféré à la prison de Saint-Quentin-Fallavier après avoir reçu des menaces de mort de la part des autres détenus.

A son arrivée à l'établissement pénitentiaire isèrois, l'homme de 34 ans a été isolé des autres prisonniers. Sa surveillance fait également l'objet d'une grande attention avec des rondes toutes les trente minutes.

Détenu calme, Nordahl Lelandais est "un détenu qui respecte le personnel", détaille Manuel Ciges. A l'unité hospitalière spécialement aménagée, il est désormais pris en charge, tout comme sa surveillance, par le personnel soignant. "Il n'est plus considéré comme à la prison, où nous avons mis en place des rondes toutes les 30 minutes", concède le délégué régional de FO pénitentiaire. "Ce sont les personnels de l'unité qui vont gérer et qui vont mettre en place leur protocole."
Justine Chevalier