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Homophobie: le président du Paris Foot Gay victime d'une agression

Le Paris Foot Gay lutte contre l'homophobie dans le sport.

Le Paris Foot Gay lutte contre l'homophobie dans le sport. - Lionel Bonaventure - AFP

Julien Pontes, le président du Paris Foot Gay, association fondée pour lutter contre l'homophobie dans le sport, a été "victime d'une agression homophobe" samedi soir, peut-on lire sur la page Facebook de l'association.

Julien Pontes rentrait chez lui samedi soir, en compagnie de son mari quand il a été "victime d'une agression homophobe", peut-on lire dimanche après-midi sur la page Facebook du Paris Foot Gay, une association créée en 2003 pour lutter contre les discriminations dans le football et dans le sport en général. 

Le message sur le réseau social est accompagné d'une photo. On y voit le président du Paris Foot Gay de profil devant l'entrée des urgences de l'hôpital Saint-Antoine, dans le XIIe arrondissement parisien. Il porte de violentes marques sur le visage et sur le cou. 

Frappé à coup d'antennes de voiture

"Je rentrais avec mon mari un peu avant 1 heure à notre domicile dans le XIe. Je terminais ma cigarette. Trois jeunes gens arrivent pour me demander une cigarette. Ils étaient un peu chauds. L'un d'eux avait un objet à la main. l'ambiance n'était pas amicale", a raconté à l'AFP Julien Pontes.

Décrivant une attitude d'intimidation, il refuse de céder. "J'ai refusé. Bing, c'est parti. Mon mari a voulu rentrer, mais l'un l'a suivi dans le hall", poursuit-il. Le président du Paris Football Gay, à ce moment, était retenu par un autre agresseur. "Je lui disais 'Me touche pas, me touche pas'", décrit-il, recevant alors "des grands coups d'antenne de voiture sur la carotide, sur le nez, sur la tête". Il assure avoir senti "le poids de la haine dans les coups".

Avant que les agresseurs ne s'enfuissent en courant, Julien Pontes explique avoir entendu des injures homophobes, mais constate que cette affaire a eu lieu "dans le cadre privée" et n'est pas en rapport avec son poste de président du Paris Foot Gay. "Mais c'est le reflet d'un état dangereux de la société pour nous", a ajouté le responsable associatif.

Une autre sportive agressée

Rapidement, des réactions en soutien à Julien Pontes ont afflué, notamment sur les réseaux sociaux, comme celle de Ian Brossat, l'adjoint PCF à la mairie de Paris en charge du logement ou celle de Yves Jego, député de Seine-et-Marne.

Cette nouvelle agression à caractère homophobe rappelle celle de la nageuse française Mélanie Hénique. La jeune femme de 22 ans a porté plainte début juin après avoir été rouée de coups et insultée à la sortie d'un restaurant à Amiens. Un lien qu'a immédiatement fait Julien Pontes. "Je revis ce qu'a vécu Mélanie Hénique, confie le responsable associatif. Le mode opératoire est tellement banal. C'est de l'homophobie tellement banale..."

J.C. avec AFP