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Hautes-Alpes: quatre personnes entendus par la police pour avoir facilité l'entrée de migrants

L'extérieur du tribunal de Gap lors du procès d'un groupe de militants, le 31 mai 2018

L'extérieur du tribunal de Gap lors du procès d'un groupe de militants, le 31 mai 2018 - JEAN-PIERRE CLATOT / AFP

Il avaient participé à l'entrée sur le territoire français de près de 150 migrants en avril, en réaction au mouvement identitaire "Defend Europe".

Quatre personnes ont été convoquées à la gendarmerie de Briançon (Hautes-Alpes) dans le cadre de l'enquête sur la marche du 22 avril qui avait permis l'entrée en France d'une vingtaine de migrants.

D'après le collectif "Tous Migrants" qui vient en aide aux réfugiés dans la région, quatre militants, une femme et trois hommes de 20 à 50 ans, dont deux membres de son conseil d'administration, sont entendus en garde à vue pour "aide à l'entrée irrégulière" d'étrangers "en bande organisée".

Une centaine de sympathisants se sont rassemblés pour les soutenir et les applaudir à leur entrée dans la gendarmerie vers 9h. Trois autres militants sont déjà poursuivis dans cette affaire, et avaient comparu le 31 mai devant le tribunal correctionnel de Gap, mais leur procès avait été renvoyé au 8 novembre dans l'attente d'une décision du Conseil constitutionnel sur le "délit de solidarité".

Reconnaissance du "principe de fraternité"

Celle-ci est tombée le 6 juillet: les Sages ont affirmé qu'une aide désintéressée au "séjour" irrégulier des étrangers ne saurait être passible de poursuites au nom du "principe de fraternité". En revanche, l'aide à "l'entrée" irrégulière reste illégale.

Le 22 avril, près de 150 militants antifascistes avaient franchi la frontière franco-italienne avec une vingtaine de migrants africains. Après de brefs heurts avec les forces de l'ordre, le cortège avait rejoint Briançon sous escorte. Pour le collectif, cette manifestation "pacifique" répondait "spontanément" aux "provocations haineuses et dangereuses d'un groupuscule suprémaciste ayant bloqué depuis la veille le col de l'Échelle".

Le 21 avril, une centaine de militants d'extrême droite de Génération identitaire, agissant sous la bannière du mouvement "Defend Europe", avaient bloqué ce col frontalier voisin afin de marquer leur hostilité à l'entrée de migrants. Ils avaient par la suite mené des "patrouilles" dans les vallées de la région, agissements qui font l'objet d'enquêtes diligentées par le parquet de Gap.

L.D., avec AFP