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Guadeloupe: l'incendie meurtrier "dû à l'intervention d'un tiers" et non à un barbecue

Un véhicule de pompiers - Image d'illustration

Un véhicule de pompiers - Image d'illustration - AFP

"Des morceaux de plastique fondu avec des résidus de bouteilles de rhum" ont été retrouvés sur la terrasse du domicile incendié.

L'incendie qui a fait six morts en Guadeloupe la semaine passée n'est finalement pas du à un barbecue mal éteint. C'est un expert mandaté par le parquet de Pointe-à-Pitre qui a écarté cette hypothèse et une information judiciaire "contre X pour homicide involontaire" a été ouverte. 

"Le dossier est à présent entre les mains d'un magistrat instructeur", a indiqué à l'AFP Xavier Bonhomme, le procureur de la République de Pointe-à-Pitre, à l'issue d'une rencontre avec la presse et après avoir reçu 12 proches des victimes, arrivés mardi de l'Hexagone. L'information judiciaire a été ouverte mardi soir.

Alors que l'hypothèse d'un accident avait été avancée par les enquêteurs immédiatement après le drame, qui a coûté la vie aux six membres d'une même famille en vacances à Saint-François, une expertise "menée dimanche, diligentée par le parquet" vient contredire cette explication.

Nouveau foyer repéré

Pour l'expert venu de Martinique, et dont les conclusions ont été rendues mardi, "l'origine n'est pas dans le barbecue", a précisé Xavier Bonhomme. 

En effet, "situé à droite de la terrasse, il était quasiment intact. S'il avait pris feu, il ne serait pas dans cet état. Des morceaux de charbon de bois ont aussi été retrouvés, qui auraient été davantage consumés" si le feu était parti de cet endroit, a-t-il expliqué.

En revanche, l'expert a relevé la présence "sur un mur mitoyen avec l'habitation de gauche, d'une table en plastique dont on retrouve des morceaux de plastique fondu avec des résidus de bouteilles de rhum, et le feu part de là".

"Pour lui, c'est dû à l'intervention d'un tiers" et cette intervention, ajoute le procureur, "peut être volontaire ou involontaire".

Famille originaire du Gard

Si la substance responsable du départ de feu n'a pas pu être précisée, ces nouveaux éléments donnent une toute autre tournure à l'enquête. L'alerte avait été donnée vers 1h50 du matin, dans la nuit du 30 au 31 octobre, par "l'un des occupants des autres appartements" de la résidence, selon le procureur.

La fumée, très abondante, avait piégé à l'intérieur de l'appartement, dont l'entrée était fermée par des grilles, deux couples et leurs enfants, décédés par asphyxie. Les victimes, deux hommes de 48 et 58 ans, deux femmes - des soeurs de 40 et 39 ans - un adolescent de 16 ans et un enfant de 12 ans, étaient originaires du Gard. Ils étaient au milieu de leurs vacances en Guadeloupe.

H.S. avec AFP