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Gilets jaunes: plainte pour "tentative d'homicide" contre la police à Marseille

Manifestation des gilets jaunes le 8 décembre 2018 à Marseille.

Manifestation des gilets jaunes le 8 décembre 2018 à Marseille. - Boris Horvat - AFP

Les coups qu'a reçu la jeune femme ont notamment entraîné un traumatisme crânien et une hémorragie méningée, selon les conclusions des médecins.

Une jeune fille a porté plainte mardi à Marseille contre la police pour "tentative d'homicide" et "violences volontaires". Elle assure avoir été matraquée et rouée de coups à terre par des policiers en civil le 8 décembre, en marge d'une manifestation des gilets jaunes.

Prénommée Maria et âgée de 19 ans, elle aurait d'abord été visée par un lanceur de balles de défense (LBD). Touchée à la cuisse et tombée au sol, elle aurait ensuite été violemment matraquée et frappée à coups de pied par plusieurs policiers en civil, selon sa plainte, initialement révélée par Mediapart

Le procureur de la République de Marseille a indiqué mardi soir avoir "saisi l'IGPN d'une enquête pour des violences aggravées".

"Cette plainte justifie l'ouverture d'une enquête pour des violences aggravées, ce qui ne préjuge en rien d'autres qualifications que les faits pourraient mettre en évidence", a ajouté Xavier Tarabeux.

"Non-assistance à personne en danger"

La scène se serait produite vers 18h30, peu après que la jeune femme a quitté la boutique où elle travaillait comme vendeuse. Si elle affirme ne pas avoir rejoint la manifestation, elle concède avoir "bêtement fait péter des pétards sur le sol", qu'elle avait achetés "pour les utiliser un soir de match de foot": "Mais la charge de police a dû arriver au moins 15 minutes après", explique-t-elle à Mediapart.

Alors qu'elle "crie de douleur" à terre, selon le texte de la plainte que l'AFP a consulté, plusieurs témoins indiquent que les forces de l'ordre accourent et que "des matraques frappent violemment la personne en continu durant un bon moment".

Cette plainte vise également les policiers pour "non-assistance à personne en danger" et "non-obstacle à la commission d'une infraction". Deux témoins assurent que lorsqu'ils ont voulu intervenir pour secourir Maria, les policiers se sont dispersés "sans se soucier aucunement de l'état de santé dans lequel se trouve la victime". Au total, selon les différents témoins cités dans cette plainte, "au moins une quinzaine" de policiers ont participé aux violences.

Un traumatisme crânien et une hémorragie méningée

Les coups ont notamment entraîné un traumatisme crânien et une hémorragie méningée selon les conclusions des médecins. La jeune femme, aussi décrite comme "en état de stress aigu" par les psychiatres, n'a pu reprendre son travail qu'en avril.

Le samedi 8 décembre a été le plus tendu à Marseille depuis le début du mouvement des gilets jaunes. Des heurts avaient opposé en fin de journée des manifestants et les forces des l'ordre, une agence bancaire et la boutique de l'OM sur la Canebière avaient été pillées et 42 personnes avaient été interpellées.

Une semaine auparavant, Zineb Redouane, une octogénaire, avait été touchée au visage par des morceaux de grenade lacrymogène lors d'autres manifestations, alors qu'elle se trouvait à sa fenêtre, au 4e étage. Elle était décédée le lendemain, sur la table d'opération.

Salomé Vincendon avec AFP