BFMTV

Gilets jaunes: des élus parisiens interpellent le préfet face au risque de nouvelles violences

Rassemblement de gilets jaunes place Denfert-Rochereau à Paris, le 23 mars 2019

Rassemblement de gilets jaunes place Denfert-Rochereau à Paris, le 23 mars 2019 - FRANCOIS GUILLOT / AFP

"Comment comptez-vous rétablir de façon pérenne l'ordre à Paris", ont interrogé les élus parisiens.

La maire PS de Paris Anne Hidalgo et plusieurs élus de la capitale ont fait part ce mardi au nouveau préfet de police, Didier Lallement, de leurs craintes de nouvelles violences et dégradations lors des prochains samedis de mobilisation des gilets jaunes.

"Le coût des destructions est considérable pour la Ville", a déclaré Anne Hidalgo en conseil de Paris, indiquant que "la facture s'élève déjà à 7 millions d'euros" de dégradations du mobilier urbain. Il faut y ajouter "les préjudices indirects estimés à 5,6 millions d'euros: dégâts sur les Vélib' et les bornes, kiosques dégradés ou destruction d'abribus", a-t-elle dit. 

"La quasi totalité des arrondissements a été touchée, des centaines de boutiques, d'hôtels, de restaurants, de banques ont été dégradés, incendiés ou entièrement pillés", a ajouté la maire de Paris.

La demande de création d'une cellule de crise unique

Alors que les violences ont été moins importantes les deux derniers samedis, les élus redoutent un regain de mobilisation et de violences dans les semaines à venir. "Comment comptez-vous rétablir de façon pérenne l'ordre à Paris", a demandé au préfet Brigitte Kuster, également députée LR.

"Nous avons été choqués par les violences (...), des vies ont été mises en danger", a renchéri Julien Bargeton, président du groupe DP (macroniste de gauche). 

"Nous assistons depuis vingt semaines à la venue d'extrémistes radicaux, dont la présence est désormais attendue sans pour autant que tout soit mis en oeuvre pour les empêcher", a renchéri le maire (LR) du XVIIe arrondissement, Geoffroy Boulard, évoquant des "familles, enfants, Parisiens traumatisés". Déplorant un manque de "coordination optimale des services de la mairie et de la préfecture", l'élu a demandé la création d'"une cellule de crise unique, unifiée avec Préfecture, Ville de Paris et Beauvau".

Bien que "conscient de l'angoisse des commerçants (et des) habitants face à ces cortèges parfois d'une extrême violence", Didier Lallement a répondu qu'il n'était "pas question que la salle de crise de la préfecture de police fusionne avec la salle de crise du ministère de l'Intérieur". La première est une "salle de crise opérationnelle" et la seconde "de commandement", a-t-il fait valoir. Le nouveau préfet s'est en revanche engagé à remettre aux élus "un plan des cheminements exacts des manifestations déclarées".

Cyrielle Cabot avec AFP