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Fusillade dans la banlieue de Metz: l'émotion, et les questions

Les riverains sont toujours sous le choc après qu'un homme a ouvert le feu dans la nuit de samedi à dimanche dans une rue du quartier Boileau, à cheval entre les communes de Metz et de Woippy. Le point sur ce que l'on sait du drame.

L'émotion est toujours prégnante. Les habitants d'un quartier sensible de la banlieue de Metz sont encore sous le choc après la fusillade qui a eu lieu en pleine rue dans la nuit de samedi à dimanche: un homme en état d'ébriété a tué une femme de 22 ans et blessé trois personnes, dont deux gravement, avant d'être maîtrisé et interpellé par la police.

"On n’avait jamais vu ça", assurait dimanche un voisin au Républicain Lorrain. "Je devais rentrer, quelques instants plus tard… C’est complètement fou", expliquait de son côté une voisine, émue, au quotidien local. "Cela fait quarante ans que je vis ici. On ne peut pas imaginer que des voisins puissent mourir, tués par balle, devant chez soi." Dès samedi soir, alertés par les gyrophares et les bruits dans le quartier, les riverains, les proches et membres des familles des victimes, ont longuement tenté d'obtenir des informations sur le drame, rapporte le journal. 

> Ce que l'on sait de ce qu'il s'est passé

Que s'est-il passé samedi soir ? Un homme a ouvert le feu dans la nuit dans une rue du quartier Boileau, à cheval entre les communes de Metz et de Woippy. Au total, une quinzaine de douilles ont été trouvées sur cinq scènes de crime différentes par les enquêteurs. Tout avait commencé vers 22 heures, alors que plusieurs fêtes avaient été organisées au pied des barres et dans une cage d'escalier par des habitants du quartier. Selon plusieurs témoins, le tireur présumé, venu d'un quartier voisin, avait auparavant participé à l'une de ces soirées, fortement alcoolisée.

Les secours et les policiers sont arrivés sur place après les premiers coups de feu. Au moment où ils s'affairaient à tenter de ranimer la jeune femme de 22 ans à coups de massages cardiaques, en vain, d'autres tirs étaient entendus dans un périmètre de 500 mètres et les policiers se lançaient aux trousses du tireur.

Repéré par une patrouille équipée de pistolets taser à impulsions électriques, il a été neutralisé au moment où il était en passe de "s'en prendre peut-être à une nouvelle victime", a souligné un enquêteur. "S'il avait eu le temps, il aurait sans doute ouvert le feu" sur les policiers, son arme étant encore chargée et prête à tirer, selon le commissaire de police à la Sécurité publique de Moselle, Olivier Saudreau. Il avait également d'autres munitions de réserve dans les poches. 

> Quel est le bilan de la fusillade ?

Outre la jeune femme de 22 ans morte après avoir été touchée par plusieurs balles, le frère de la victime âgé de 25 ans et un jeune homme de 18 ans se trouvaient dans un état très grave, l'un touché à la tête et l'autre à l'abdomen. Leurs jours étaient encore en danger dimanche, a indiqué dimanche le procureur de Metz Christian Mercuri.

> Qui est le tireur présumé ?

Le tireur présumé, un ouvrier du BTP sans emploi de 49 ans déjà condamné notamment pour port d'arme illégal, portait sur lui un pistolet automatique d'un calibre 9 mm acquis frauduleusement et dont le port est interdit aux particuliers. Il a pu chercher à se venger après une "altercation sur fond d'alcoolisation" lors d'une fête dans le secteur, pour un motif apparemment "futile", a ajouté Christian Mercuri.

Placé en garde à vue, il devrait être déféré lundi devant un juge d'instruction en vue d'une mise en examen, probablement pour assassinat et tentative d'assassinat si l'enquête permet de retenir la préméditation du passage à l'acte. L'homme avait déjà été condamné à une peine de cinq ans d'emprisonnement dont une partie avec sursis pour agression sexuelle et violences, ainsi qu'infraction à la législation sur les armes.

la rédaction avec AFP