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Fusillade à Saint-Denis: le cri d'alerte des élus à l'État

Au lendemain de la fusillade qui a causé la mort d'un adolescent de 16 ans à Saint-Denis, les élus du département dénonce le silence de l'État.

"Tous les voyants sont au rouge". Fatigués des violences à répétition, le maire de Saint-Denis comme les élus du département tirent une nouvelle fois la sonnette d'alarme après la mort d'un adolescent de 16 ans dans une fusillade lundi soir.

Au total, un soixantaine de fusillades ont déjà touché le département en à peine neuf mois. Rien que lundi soir, en plus du drame de Saint-Denis, il y a eu un mort à Villepinte mais également un blessé par balle au thorax à Aulnay-sous-Bois. 

Face à cette situation d’insécurité et de violence, les élus se disent abandonnés par l’État: "On nous enferme. On nous dit 'Débrouillez-vous entre vous' comme si la Seine-Saint-Denis était à part de la République. On est dans une situation qui est dans ce département en nombre d’homicides, en nombre de violences par armes, supérieure à ce qui se passe à Marseille dont on parle très souvent", s'agace Stéphane Peu, député de la 2e circonscription de Seine-Saint-Denis.

Et malgré l'annonce par le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, de la création de "quartiers de reconquête républicaine", les élus ne sont pas rassurés. En effet, seulement 0,5% de ces quartiers où seront concentrés les moyens concerneront la Seine-Saint-Denis, selon le député. 

Demande de moyens supplémentaires

Ce sentiment d’abandon est également partagé par le maire de Saint-Denis qui a fait part de son "ras-le-bol" avant de réclamer davantage de moyens policiers et judiciaires dans le département où il manquerait, selon ses calculs, 100 à 200 policiers.

"(Cette demande) fait écho à nos demandes déjà trop anciennes d’avoir ici plus de policiers, mieux formés, plus d’officiers de police judiciaire pour faire des enquêtes afin de remonter ces trafics qui polluent les quartiers et puis une justice qui a enfin des moyens pour le plus grand parquet de France pour avoir une réactivité qui permette de redonner espoir à nos habitants et aux jeunes de nos villes".

Le maire de Saint-Denis et le député du département souhaitent aujourd'hui une réponse forte du gouvernement et demande à rencontrer au plus vite le ministre de l'Intérieur. En mars, l'ancien maire de Sevran, Stéphane Gatignon, se disant "usé" par le "mépris de l'État pour les banlieues", avait déjà lancé un cri d'alerte en quittant son poste.

P.L avec BFM Paris