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Fusillade à Grasse: un gardien du lycée témoigne

Un gardien de la salle de sport du lycée Tocqueville à Grasse s'est retrouvé nez à nez avec le tireur. Il a raconté ce face à face sur BFMTV.

Pascal Baudesson, gardien de la salle de sport du lycée Tocqueville où s'est déroulée une fusillade ce jeudi, est intervenu sur BFMTV ce même jour. Durant celle-ci, il est allé à la rencontre du tireur. Pascal Baudesson a retracé son action sur notre antenne:

"Il était 12h30, à peu près je crois, quand j'ai entendu ce qui ressemblait à des pétards. En tant qu’ancien militaire, je me suis aperçu que c’était des coups de feu. J’ai vu des gens sortir de partout. J'ai demandé ce qu'il se passait. On m'a dit qu'un jeune tirait J’ai accueilli des jeunes chez moi, j'ai essayé de les rassurer. Puis, je suis allé voir ce qu’ il se passait j’ai regardé dans les alentours." 

"Je n'ai pas fait assez de dégâts" 

A ce moment-là, Pascal Baudesson a aperçu le tireur: "Je me suis mis à dialoguer avec lui pendant cinq minutes. Je lui disais: 'Cela ne sert à rien ce que tu fais'. Il m'a dit qu'il avait peur que les policiers lui tirent dessus. Je lui ai dit: 'Si tu ne te rends pas ils vont te tirer dessus'. Il me disait: 'J'ai pas fini ma mission, mon contrat. Je n'ai pas fait assez de dégâts.' Je lui ai dit qu’il n avait pas de mission."

A ce moment-là, l'adolescent s'en est pris au gardien. "Il s'est reculé, m'a lancé un bâton. C'était un bâton de dynamite artisanal", a développé ce dernier. Le bâton n'a pas explosé. L'ancien militaire a ensuite raconté l'évacuation par les forces de l'ordre des élèves bouleversés et a témoigné de son émotion: "Voir autant de lycéens traumatisés ça fait drôle, pourtant j’en ai vu des choses!"

Le jeune a été interpellé, sans résistance, peu après 13h. Les agents responsables de l'arrestation sont alors allés trouver Pascal Baudesson pour lui demander d'identifier le jeune homme. "On m’a demandé de reconnaître le jeune. C’était bien lui. Il a une tête d’ange...on se dit que ce n’est pas possible." Alors que l'éventualité de l'action d'un complice a été évoquée, le gardien ne peut ni l'infirmer ni la confirmer: "On m’a parlé d’un deuxième jeune. Je ne sais pas je ne l’ai pas vu."

R.V.