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Fillette tuée dans un incendie: "une victime de l'habitat indigne"

Véronique Decker, la directrice de l'école Marie-Curie de Bobigny, dans le camp rom qui a pris feu mercredi.

Véronique Decker, la directrice de l'école Marie-Curie de Bobigny, dans le camp rom qui a pris feu mercredi. - -

La directrice de l'école où était scolarisée Mélissa, tuée mercredi dans l'incendie d'un camp de Roms, fait part de son indignation à BFMTV.

Le choc et la colère. Ce sont les deux sentiments qui ont assailli Véronique Decker, directrice de l'école Marie-Curie de Bobigny, en apprenant la mort de Mélissa, 8 ans. Son élève a péri dans l'incendie du camp de Roms où elle habitait, mercredi à Bobigny, en Seine-Saint-Denis.

"Je n'ai qu'une seule Mélissa dans toute l'école, donc j'ai tout de suite su qui c'était, témoigne-t-elle au milieu de ce qui reste du camp, un amas de tôles calcinées. "Sur le moment c'est quelque chose de très envahissant du point de vue affectif, psychique."

Elle se souvient d'une élève qui, depuis la rentrée, "n'avait pas manqué un jour d'école" et parle de la relation "maternelle" que les enseignants ont avec les enfants qui vivent dans le camp.

"Tuée par notre indifférence"

Pour elle, Mélissa est "une victime de l'habitat en bidonville, une victime de l'habitat indigne. Ce n'est pas l'incendie qui l'a tuée! C'est notre indifférence à l'existence de l'habitat indigne." Le camp de Bobigny avait déjà connu un incendie en avril 2013.

Mercredi, la maire communiste de cette ville de Seine-Saint-Denis, Catherine Peyge, avait alerté les services de l'Etat sur la multiplication des bidonvilles dans le pays et mis en garde contre la "chasse aux Roms" menée dans le pays qui, selon elle, "accentue la précarité de ces personnes".

M. T. avec Régis Desconclois