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Eure: un maître-nageur devant les Assises pour le viol et l'agression sexuelle d'une vingtaine de mineurs

Une cour d'assises

Une cour d'assises - Archives AFP

Dominique Hébert est accusé d'avoir violé et agressé 22 de ses élèves entre 1994 et 2011. Il encourt jusqu'à vingt ans de réclusion.

Devant les Assises de l'Eure est jugé à partir de vendredi un maître-nageur de 52 ans accusé d'avoir violé et agressé plus d'une vingtaine de mineurs entre les années 1990 et 2011. Interpellé il y a quatre ans, Dominique Hébert encourt jusqu'à vingt ans de prison.

"Créer une émulation de groupe"

L'accusé était maître-nageur à la piscine de Pont-de-Saint-Pierre (Eure) et entraînait en compétition des jeunes de 9 à 18 ans. Obtenant de bons résultats, il est perçu comme une "figure clé du club", rapporte Europe 1. Il a donc l'entière confiance des parents qui le laissent héberger leurs enfants chez lui plusieurs jours pour des "stages" afin de "créer une émulation de groupe".

Lors de ses soirées, Dominique Hébert a d'abord procédé à des jeux avec des "câlins" et des "chatouilles", évoque Le Parisien. Puis très vite, l'entraîneur a incité les jeunes à participer à des séances de "masturbations collectives", à des pénétrations et fellations. Les victimes se sentaient "obliger d'obéir", d'après le récit d'un plaignant évoqué par Europe 1, tout en gardant ça pour eux, pensant à "une erreur isolée", selon un second.

Un "ado dont l'orientation sexuelle n'était pas assumée"

Progressivement pourtant, certains adolescents cessent les entraînements. D'autres en reviennent en pleurs. Et puis en 2014, l'un des élèves se décide, courageusement, à dénoncer les faits auprès d'un commissariat. Lors de la perquisition au domicile du mis en cause, des photo-montages à caractère sexuel sont retrouvés. Placé en garde à vue, l'entraîneur avoue des "caresses". Puis les plaintes ont afflué.

"On est là face à un grand ado dont l'orientation sexuelle n'était pas assumée et qui s'est trouvée réalisée sur des jeunes. Mais il n'y avait pas d'attirance de type pédophile", tente de justifier son avocate Me Arielle Le Guedes auprès du Parisien.

Aujourd'hui, cette dernière assure auprès de France Bleu que son client est "dans un état d’esprit de reconnaissance et de repentance". 22 mineurs se sont constitués partie civile. Traumatisés, certains souffrent de graves troubles personnels ou d'addictions. Le procès, qui doit durer une semaine, est une étape clé pour leur "reconstruction", indique l'avocate.

Esther Paolini