BFMTV

Essonne: six mois de prison avec sursis pour le maire "shérif" qui avait menacé des gens du voyage

Le maire de Wissous Richard Trinquier.

Le maire de Wissous Richard Trinquier. - Jacques Demarthon

Mercredi, le maire de Wissous a été condamné à six mois de prison avec sursis pour avoir menacé des gens du voyage avec un katana.

Le tribunal correctionnel d'Évry a condamné mercredi le maire Debout la France de Wissous (Essonne), Richard Trinquier, à six mois d'emprisonnement avec sursis pour avoir menacé des gens du voyage avec un sabre japonais.

Le tribunal a également condamné l'édile, absent au moment du jugement, à une amende de 1.500 euros comme l'avait demandé mi-octobre le procureur, qui avait requis quatre mois de prison avec sursis.

Katana d'un mètre de long

Lors de l'audience, le représentant du ministère public avait estimé que l'édile avait donné "un côté guignolesque" à la fonction de maire. L'élu local avait, au contraire, justifié son action par "une certaine conception de (s)on devoir".

Les faits s'étaient déroulés début avril lorsqu'une dizaine de caravanes s'étaient installées sur le parking d'une crèche en construction de cette ville de la banlieue parisienne de 8.000 habitants. 

Alors que la police municipale tentait de négocier une solution de relogement, Richard Trinquier, 69 ans, s'était rendu sur les lieux alcoolisé. Gilet pare-balles sur le dos, étoile de shérif siglée "police" accrochée à sa veste, il avait exhibé un katana d'un mètre de long avec lequel il aurait menacé ses contradicteurs.

Légitime défense

A la barre, Richard Trinquier avait martelé avoir agi en état de légitime défense, arguant s'être senti menacé: "J'ai eu peur. J'étais dans une situation de stress, je pensais que j'allais mourir".

Interrogé sur le choix de l'arme, un katana japonais, il avait expliqué qu'étant en partie d'"origine asiatique, le katana faisait sens". "Vous ne faites pas le maintien de l'ordre dans la péninsule asiatique!", lui avait rétorqué le procureur.

Personnalité ambivalente

Maire depuis 1995 avec une interruption entre 2008 et 2014, l'édile, né d'un père français colonel pendant la guerre d'Algérie et proche de l'OAS, et d'une mère vietnamienne, est un habitué des controverses.

En 1995, il avait armé ses agents de 357 Magnum, puis de fusils à pompe et s'était octroyé un port d'arme avant d'en être finalement privé par le Conseil d'État. 

Personnalité ambivalente, il avait accepté en 2015 par "souci d'humanité" qu'un bébé rom qui avait succombé à la mort subite du nourrisson soit enterré dans sa ville après le refus du maire de la ville voisine de le voir inhumé dans son cimetière.

B.L. avec AFP