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Entre "violences policières et mal-être policier": ce journaliste infiltré raconte ses 2 ans parmi les forces de l'ordre

Dans son livre Flic publié ce jeudi, le journaliste Valentin Gendrot raconte deux ans d'infiltration au sein des forces de l'ordre.

Conditions de travail difficiles, propos racistes et faits de violence... Dans son ouvrage Flic, publié ce jeudi, le journaliste Valentin Gendrot, infiltré dans les rangs de la police pendant deux ans, relate "un mélange de violences policières et de mal-être policier".

Dans son enquête, Valentin Gendrot décrit des conditions de travail difficiles et un manque de moyens criant. "Ce commissariat a 20 ans et est déjà en train de tomber en lambeaux", raconte le journaliste, qui témoigne de son expérience ce jeudi soir sur notre antenne.

Il faut "trois semaines pour changer un néon dans les vestiaires, deux mois à passer sans toilettes, les voitures tombent en panne, les lampes que les policiers sont obligés de racheter sur leurs deniers personnels car celles du service ne fonctionnent pas, les infiltration d'eau dans les vestiaires..."

"J'ai tous les éléments pour raconter une bavure"

Par ailleurs, Valentin Gendrot dit avoir "tous les éléments pour raconter une bavure", et avoir "participé à la rédaction d'un faux procès-verbal" pour "couvrir un collègue". "J'ai essayé de comprendre comment est-ce qu'on en vient à telle violence policière, comment on en vient à ce que des policiers se couvrent entre eux. Et puis je me suis rendu compte que la police fonctionnait de manière clanique. On balance pas dans la police, sinon on est un traître, on peut potentiellement être sujet à des intimidations".

Le fait, c'est qu'"un après-midi, je suis en patrouille avec trois autres policiers et on est appelé parce que trois adolescents ont mis de la musique trop forte sur une enceinte amplifiée et qu'un voisin s'est plaint d'un tapage", raconte le journaliste sur notre antenne, ainsi que dans son livre.

"Donc on se rend sur place, on fait cesser l'infraction et on coupe le son de l'enceinte, on contrôle les six adolescents. Et dix minutes plus tard, l'un d'eux est emmené dans la voiture, est frappé devant chez lui et devant ses amis, puis il a été tabassé dans la voiture et frappé au commissariat", témoigne encore le journaliste infiltré.

"Je me suis fondu dans la masse"

Finalement, "le policier va déposer plainte contre l'adolescent, l'adolescent va déposer plainte contre le policier. On fait donc un procès-verbal pour rendre compte de ce que l'on a fait. Et le lendemain, parce qu'il y a plein de contre-plaintes, on se retrouve a être auditionnés par le SAIP".

"Le lendemain, j'ai participé à la rédaction d'un faux procès-verbal, un faux en écriture publique qui est considéré comme un crime dans la police (...) J'ai participé à ça parce que dans la police, les gens se couvrent quand il faut être solidaire, corporatiste", témoigne-t-il encore à notre micro.

"Être infiltré c'est prendre un train en marche, moi je me suis fondu dans la masse, dans le collectif de la brigade dans laquelle je travaillais", témoigne encore ce journaliste infiltré.

La préfecture de police de Paris a annoncé ce jeudi avoir saisi l'Inspection générale de la police nationale (IPGN) pour "établir la véracité des faits" relatés dans cette enquête.

Jeanne Bulant Journaliste BFMTV