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EN DIRECT - Procès des écoutes: "Je n'ai jamais commis le moindre acte de corruption", martèle Nicolas Sarkozy

L'ancien président Nicolas Sarkozy arrive au tribunal où il est jugé pour des accusations de corruption, à Paris le 30 novembre 2020

L'ancien président Nicolas Sarkozy arrive au tribunal où il est jugé pour des accusations de corruption, à Paris le 30 novembre 2020 - STEPHANE DE SAKUTIN © 2019 AFP

Jugé pour "corruption active" et "trafic d'influence" dans le procès dit des écoutes, l'ancien président de la République est interrogé cet après-midi par le tribunal correctionnel de Paris.

"J'ai dit la vérité", assure Nicolas Sarkozy

"J'ai dit la vérité, je n'ai pas trahi la confiance des Français, et j'ai répondu à toute les questions avec sincérité", conclut Nicolas Sarkozy au terme de près de 4 heures d'interrogatoire.

Nicolas Sarkozy a fait part de son "indignation"

"Le pacte il n'existe pas, il n'a jamais existé"

Nicolas Sarkozy n'a eu de cesse de répéter qu'il n'y avait eu aucune volonté de commettre un délit mais qu'il y avait la volonté "de rendre service à un ami".

"Le pacte, il n'existe pas, il n'a jamais existé", assure le président de la République, détaillant les conversations avec Thierry Herzog au cours desquelles il n'évoque justement pas Gilbert Azibert.

"Je peux vous garantir que si je suis dans un pacte, je m'y met plus", assume Nicolas Sarkozy qui assure également que s'il avait eu l'opportunité de défendre la candidature de Gilbert Azibert auprès des autorités monégasques, il l'aurait fait.

"Je ne vais pas mentir, je ne suis pas ici pour dire que je n'aurais pas envisagé de le faire."

"On est dans un coup de pouce, on n'est pas dans un pacte", assure Sarkozy

Nicolas Sarkozy dit avoir agi par amitié pour Thierry Herzog. "100 fois il m'a demandé des services, oui j'aurai pu envisager de rendre service, mais c'est rendre service à Thierry pas à Gilbert", martèle l'ex-chef de l'Etat.

"On est dans un coup de pouce, on n'est pas dans un pacte, poursuit-il. SI c'était un pacte encore faudrait-il que je sois au courant!"

L'ancien président assure que sa vie, "ça a été de donner des coups de pouce, car c'est 40 ans de politique".

Nicolas Sarkozy était à "mille lieux" de savoir qu'il faisait quelque chose de répréhensible

Interrogé sur les propos de Thierry Herzog lui apprenant qu'un ami à la cour de cassation lui avait donné des informations positives concernant sa procédure, Nicolas Sarkozy "jure" qu'il ne savait qu'il faisait "quelque chose qui ne se fait pas".

"L'accumulation de conversations découpées, mises bout à bout donnent l'impression d'une obsession, mais si vous prenez toutes les conversations, jusqu'à la dernière minute, je ne suis pas sûr qu'on va gagner."

"Je dois apporter la preuve de ce qu'il y a dans mon cerveau à ce moment-là, s'agace-t-il. J'étais à 100 milliards de lieu qu'on était en train de faire quelque chose qui ne se faisait pas."

"Si vous me posez la question 'aviez-vous conscience de faire quelque chose qui ne se faisait pas, je vous le jure, je vous répond non."

Nicolas Sarkozy revient sur ses échanges au sujet des agendas

"Je vois mon agenda devenir un enjeu dans de nombreuses procédures, si on ne voit pas ça, on ne peut pas comprendre l'enjeu", estime Nicolas Sarkzoy interrogé sur ses échanges avec Thierry Herzog au sujet de la procédure lancée devant la cour de cassation pour récupérer ses agendas.

"J'ai l'impression que le PNF est fait pour moi, toutes les semaines, il y a une nouvelle affaire, les sondages, Tapie, l'affaire libyenne...", détaille Nicolas Sarkozy estimant avoir eu le sentiment d'être "traqué".

S'agissant de ses échanges, il explique qu'il était "euphorique" car il venait d'obtenir un non-lieu dans l'affaire Bettencourt. "Je lui dis, 'alors est-ce qu'on va gagner? qu'est-ce que t'en penses?' parce que je suis comme ça, même à mon âge", assure-t-il estimant avoir eu "le plaisir immature de gagner".

"Il n'y a jamais eu si peu d'enjeu (de récupérer les agendas, NDLR). Mon agenda, tout le monde y avait eu accès. L’enjeu, c’était juste de gagner. Aujourd’hui, il y a de l'enjeu, car il s'agit de mon integrité et mon honneur."

"Gilbert Azibert ne me doit rien", assure Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy est interrogé sur ses liens avec Gilbert Azibert. Il dit l'avoir rencontré "personnellement" pour la première fois en 2013.

Le tribunal le questionne sur le fait que Gilbert Azibert était secrétaire général du ministère de la Justice entre 2008 et 2010, quand Nicolas Sarkozy était président de la République.

"Gilbert Azibert ne me doit rien, ce n'était pas une décision politique", assure l'ex-chef de l'Etat qui explique avoir nommé la ministre de la Justice, Rachida Dati, mais ni son directeur de cabinet, ni le secrétaire général du ministère.

"Thierry Herzog, c'est la famille", confie l'ancien président

Interrogé sur ses liens avec Thierry Herzog, Nicolas Sarkozy a décrit "une amitié rare qui ne s'est jamais démentie".

"Thierry Herzog, c'est la famille", lance l'ancien président face au tribunal.

Avec des sanglots dans la voix, il a explique que son avocat n'est "pas simplement mon ami, c'est l'ami de ma famille, un membre de ma famille". "Je le connais par coeur, je lui parle tous les jours depuis tant d'années, c'est comme un frère", poursuit-il.

Nicolas Sarkozy explique que Thierry Herzog est devenu son avocat en 2006 lorsqu'il a été soupçonné d'avoir eu un compta bancaire caché dans une banque au Luxembourg.

"Je veux être lavé de cette infamie", dit Nicolas Sarkozy

"Je veux être lavé de cette infamie, pas uniquement par une procédure, je veux être lavé, parce que je veux la vérité des faits et du droit", dit Nicolas Sarkozy d'une voix ferme et d'un ton combatif, presqu'agressif.

"Ce n'est pas un affrontement politique/justice, avocat/juge", poursuit-il.

L'ancien président s'en prend à la procédure et à la manière dont l'enquête a été menée. "C'est parce que je suis Nicolas Sarkozy, parce que je suis un ancien président de la République? Est-ce qu'on a le droit de piétiner mes droits, de me trainer dans la boue? On n'a pas à me mettre en dessous."

"Je n'ai jamais commis le moindre acte de corruption"

Nicolas Sarkozy fait une déclaration devant le tribunal.

"Je n'ai jamais commis le moindre acte de corruption, a martelé l'ancien chef de l'Etat. Je n'ai jamais, jamais, 20 ans député, 20 ans maire, 7 ans ministre, 5 ans président, pratiqué d'influence."

"Je ne suis pas une victime, mais permettez moi de dire au tribunal, ce que j'ai vécu pendant 6 années", a lancé Nicolas Sarkozy.

Thierry Herzog interrogé par le PNF

En attendant de savoir s'il sera possible de diffuser les écoutes entre Nicolas Sarkzoy et Thierry Herzog, ce dernier répond aux questions du PNF.

Il est interrogé sur un voyage de l'avocat le 25 février 2014 pour aller voir Nicolas Sarkozy. L'accusation estime qu'il est allé à Nice rejoindre son client pour l'alerter que la ligne au nom de Paul Bismuth était sur écoute. Me Herzog réfute et explique s'être rendu dans le sud pour évoquer d'autres enregistrements, ceux réalisés par Patrick Buisson, ex-conseiller du président, qui ont été diffusés dans la presse en mars 2014.

Les écoutes entre Nicolas Sarkozy et Thierry Herzog vont être diffusées

La cour a accédé à la demande du PNF d'écouter cinq conversations entre Nicolas Sarkozy et Thierry Herzog, sur la ligne prise au nom de Paul Bismuth.

Il s'agit des écoutes du 1er, 5, 23, 25 et 26 février 2014.

La présidente a prévenu que cette écoute se fera si elle est "techniquement possible". Sinon, la cour lira les retransciptions de ces écoutes.

La cour statue sur la demande de diffusion des écoutes

La cour s'est retirée pour statuer sur la demande du PNF de diffuser cinq écoutes entre Thierry Herzog et Nicolas Sarkozy. Le procureur estime que ces conversations "manifestent un moment iportant dans ces rapports", le moment où "le pacte de corruption se noue".

Pour Jacqueline Laffont, l'avocate de Nicolas Sarkozy, cette demande est la preuve que le PNF est "fébrile", alors qu'il a assisté, selon elle, à "l'effondrement de ses accusations tout au long du débat".

L'avocate poursuit dénonçant le "sensationnalisme judiciaire" dont fait preuve, selon elle, le parquet national financier.

Le PNF demande la diffusion de cinq écoutes entre Nicolas Sarkozy et Thierry Herzog

Le PNF demande la diffusion de cinq appels entre Thierry Herzog et Nicolas Sarkozy, sur sa ligne prise au nom de Paul Bismuth.

Me Hervé Temime, l'avocat de Thierry Herzog, rappelle qu'il s'est opposé à cette demande qui avait été déjà formulée par le procureur national financier lors de la réunion préparatoire de ce procès. L'avocat estime que la défense n'a pas eu accès à l'intégralité des écoutes.

L'audience débute

L'audience débute avec une nouvelle consitution partie civile. Me Canoy qui s'était constitué partie civile pour Paul Bismuth avant que ce dernier se désiste, représente désormais Luc Bismuth.

Hervé Témime, l'avocat de Thierry Herzog, explique qu'il demandera à ce que cette constitution soit irrecevable.

Les enfants de Nicolas Sarkozy présents dans la salle

Les enfants aînés de Nicolas Sarkozy sont venus assister à l'audience en soutien de leur père interrogé cet après-midi. Pierre et Jean Nicolas Sarkozy sont installés au premier rang dans la salle.

Thierry Herzog dit n'avoir "commis aucune infraction"

Vendredi, l'audience s'est achevée sur l'interrogatoire de Thierry Herzog, l'avocat de Nicolas Sarkozy, lui-aussi prévenu dans ce dossier. "Je n'ai commis aucune infraction", a plaidé le pénaliste, assurant n'avoir jamais été un "corrupteur" ou un "corrompu".

Me Herzog a reconnu avoir parlé des ambitions persolles de Gilbert Azibert à Nicolas Sarkozy, mais sans en faire une contre-partie. Il assure qu'il n'y a "jamais eu d'échanges d'informations" avec 'lancien haut magistrat.

Nicolas Sarkozy interrogé cet après-midi

Nicolas Sarkozy va être interrogé pour la première fois dans ce procès qui a débuté le 23 novembre.

Nicolas Sarkozy a promis de "s'expliquer"

Entendu cet après-midi par le tribunal correctionnel de Paris, Nicolas Sarkozy a promis de "s'expliquer" et de "répondre à toutes les questions", au nom de la "vérité".

L'ancien président de la République est jugé depuis une semaine pour "corruption active" et "trafic d'influence". Il est soupçonné d'avoir promis à un ancien haut magistrat Gilbert Azibert un poste en échange d'informations dans une autre affaire judiciaire le concernant, le dossier Bettencourt.

https://twitter.com/justinecj Justine Chevalier Journaliste police-justice BFMTV