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En Corse, un marronnier planté en hommage à Anne Frank vandalisé

Anne Frank en 1942.

Anne Frank en 1942. - Anne Frank Fonds - AFP

La procureure de la République de Bastia a précisé qu'il "n'y avait aucune revendication et aucune inscription, juste la dégradation constatée d'une grande partie du tronc de l'arbre".

Une enquête a été ouverte après la dégradation d'un marronnier offert par le musée Anne Frank d'Amsterdam au village corse de Pianello, a indiqué ce lundi la procureure de Bastia en précisant qu'aucune revendication ni inscription n'ont été retrouvées.

L'écorce du tronc a été arrachée, ce qui menace potentiellement la survie de l'arbre. "Une enquête pour dégradation volontaire d'un bien destiné à la décoration publique, confiée à la gendarmerie, est en cours", a déclaré Caroline Tharot, procureure de la République de Bastia.

Offert en 2010 au village de Pianello

Interrogée sur le possible caractère antisémite de l'acte, Caroline Tharot a précisé qu'il "n'y avait aucune revendication et aucune inscription, juste la dégradation constatée d'une grande partie du tronc de l'arbre".

Ce marronnier avait été offert en 2010 au village de Pianello par la Maison d'Anne Frank, un musée d'Amsterdam consacrée à la jeune fille juive morte dans un camp nazi après avoir été arrêtée aux Pays-Bas.

Il avait été bouturé à partir de l'arbre qu'Anne Frank voyait depuis l'appartement clandestin d'Amsterdam où elle était cachée de 1942 à 1944, selon le foyer rural de Pianello et l'association Terra Eretz Corsica Israël qui organisent depuis quatre ans une journée de commémoration autour de cet arbre à Pianello.

"Colère et dégoût"

L'adolescente juive de 15 ans, dont le journal a été édité à 30 millions d'exemplaires dans le monde, est morte en 1945 au camp de concentration de Bergen-Belsen.

La détérioration de l'arbre a eu lieu dans la nuit de samedi à dimanche quelques heures avant l'événement "In Giru à l'Arburu" ("autour de l'arbre"), une journée de débats, de conférences et de concerts dédiée à la mémoire de la Shoah et contre l'antisémitisme organisée depuis quatre ans à Pianello.

Plusieurs élus ont condamné cet acte dont le maire de Bonifacio, Jean-Charles Orsucci, qui a écrit sur Twitter "hésiter entre la colère et le dégoût devant cet acte abject qui ne saurait néanmoins souiller la mémoire d'Anne Frank et au-delà celle de tous les Corses qui ont eu un comportement admirable devant l'ignominie".

Le président de l'Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni ainsi que Jean-Christophe Angelini, maire de Porto-Vecchio et président de l'Agence du développement économique de la Corse ont également dénoncé cet acte.

JP avec AFP