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"Elle était sa proie": une amie de Chahinez, tuée à Mérignac par son mari violent, raconte le calvaire de la jeune femme

Tuée par son compagnon mardi en pleine rue, Chahinez avait porté plainte le 16 mars dernier pour agression au commissariat de Mérignac. Une plainte qui n'a pas été prise au sérieux, selon cette proche.

Trois jours après l'insoutenable meurtre de Chahinez, une jeune femme de 31 ans mère de trois enfants brûlée vive par son compagnon dans les rues de Mérignac, une de ses amies proches a accepté de se confier aux équipes de BFMTV ce vendredi soir. Elle décrit une personne "gentille, généreuse, lumineuse" et regrette que la victime n'ait pas été prise au sérieux par la police, auprès de qui elle était allée porter plainte pour agression le 16 mars dernier.

"Je n'arrive pas à oublier son rire, sûrement parce que je n'ai pas envie de penser aux cris qu'elle a dû pousser pendant qu'elle était en train de mourir", confie la jeune femme qui a souhaité rester anonyme.

Elle évoque "une femme battue pour n'importe quel prétexte", qui était "la proie, la chose" de son compagnon. Un homme déjà condamné à sept reprises et notamment le 25 juin 2020 à 18 mois de prison dont neuf avec sursis pour "violences volontaires par conjoint" en récidive sur son épouse.

"Il la pourchassait tout le temps"

L'amie de Chahinez certifie d'ailleurs que le couple était séparé, que la jeune femme avait décidé de quitter son mari. "Des gens ont dit qu'elle s'était remise avec lui, c'est faux. Elle était séquestrée chez elle par lui", précise-t-elle, racontant qu'il "la pourchassait tout le temps".

"Il s'était déjà introduit à l'intérieur de son domicile pendant qu'elle était en train de cuisiner. Elle a eu très peur, mais elle a psychologiquement bien réagi, en essayant de le calmer", raconte-t-elle.

Revenant sur l'épisode de la mi-mars - "il l'avait enfermée dans le camion et l'avait étranglée" -, cette amie proche confie que Chahinez pensait pouvoir compter sur la police après avoir déposé une plainte. "Elle a cru qu'il allait se passer quelque chose, qu'ils allaient l'attraper puisqu'il n'avait pas le droit de s'approcher d'elle". "Vous n'allez pas nous apprendre notre travail", lui aurait-t-on alors répondu au commissariat.

Un acte "prémédité"

L'amie de Chahinez assure que la victime avait prévenu les forces de l'ordre des menaces que son compagnon proférait régulièrement à son encontre. "Si tu ne te remets pas avec moi, je te tue", lui disait son mari. "Elle l'a dit aux policiers", assure aujourd'hui sa proche, qui ajoute que "plusieurs personnes ont contacté la police en leur disant qu'il lui avait dit qu'il allait la tuer".

"Il ne s'en cachait pas, c'était prémédité. Il savait ce qu'il faisait, il avait tout organisé. Il a dit que les hommes se moquaient de lui parce qu'elle l'avait dégagé de chez elle. Il disait qu'elle allait le payer", poursuit-elle.

Chahinez est morte "parce qu'elle n'était pas avec lui, parce qu'elle ne voulait plus être avec lui". "On ne lui a pas donné les moyens de ne plus être avec lui, de ne plus avoir de contact avec lui. Elle n'avait plus de vie, on ne l'a pas laissée vivre", conclut la jeune femme.

Mélanie Rostagnat Journaliste BFMTV