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Ecotaxe: le procès des Bonnets rouges a été reporté

Une manifestation du collectif "Vivre, décider, travailler en Bretagne", le nom officiel des Bonnets rouges (photo d'illlustration).

Une manifestation du collectif "Vivre, décider, travailler en Bretagne", le nom officiel des Bonnets rouges (photo d'illlustration). - -

Proches ou appartenant à ce collectif anti-écotaxe breton, ils devaient être jugés ce mardi pour "association de malfaiteurs" en vue de la destruction d'un portique. Le procès a finalement été renvoyé au 15 mai.

Ils ont été interpellés vendredi, à la veille d'une manifestation à Nantes pour la "réunification" de la Bretagne. Onze militants bretons devaient comparaître ce mardi, à partir de 13h30, devant le tribunal correctionnel de Rennes. Le procès a finalement été renvoyé au 15 mai, l'un d'eux ayant demandé un report.

Tous étaient jugés pour "association de malfaiteurs" dans l'intention de la "destruction de biens d'utilité publique" - en l'occurrence un portique écotaxe. Six d'entre eux étaient également poursuivis pour la destruction, le 28 décembre dernier, du portique écotaxe de Pontorson, dans la Manche. Des faits passibles de 900.000 euros d'amende et 10 ans de prison ferme.

"Disproportionné", s'est insurgé l'un d'eux avant l'audience. "On n'est pas du tout des malfaiteurs, on n'est pas du tout des brigands. On travaille, on a un boulot, une situation stable à côté. On n'a pas posé de bombe, on n'a tué personne!", a clamé ce jeune homme au micro de BFMTV.

Une contestation assumée

L'écotaxe sur les poids lourds, qui devait initialement entrer en vigueur au 1er janvier, avait suscité une vague de manifestations en Bretagne à l'automne (voir encadré). Un mouvement était né de cette contestation: les "Bonnets rouges", dont les onze hommes interpellés sont proches, sinon membres.

Tous, d'ailleurs, assument leur geste. "Pour eux, [la mise en place des] portiques écotaxes était une nouvelle aggravation de la situation économique en Bretagne", souligne Frédéric Birrien, l'avocat de deux des prévenus, interrogé par notre antenne.

Soutien des Bonnets rouges

Dès leur interpellation connue, le mouvement des Bonnets rouges a pour sa part apporté son soutien aux onze hommes, dont huit ont été placés en détention provisoire. "On a affaire à des jeunes excédés, qui n'ont pas d'avenir", a assuré le porte-parole du mouvement, Jean-Loup Le Cuff, à BFMTV.

Mardi, les Bonnets rouges avaient appelé à un grand rassemblement devant le tribunal de Rennes. "Selon le jugement", il se réservera "d'autres actions de soutien", a d'ores et déjà prévenu dans une interview à Ouest France Yann Lecam-Lynagh, le porte-parole du collectif à Redon.

Et quelle qu'en soit l'issue, ce procès "va certainement raviver le mouvement" régionaliste et anti-écotaxe, estime pour sa part Me Elodie Brault, l'avocate de deux prévenus. Car ses clients, souligne-t-elle à BFMTV, ont fait le choix de se défendre "sur les valeurs, et pas sur autre chose".

|||L'écotaxe poids-lourds, sujet sensible en Bretagne

Cette taxe, décidée en 2008 lors du Grenelle de l'environnement, devait initialement entrer en vigueur le 1er janvier 2014. Elle est payée par les poids-lourds et est calculée sur la distance qu'ils parcourent sur les routes gratuites. La Bretagne est particulièrement pénalisée car ce territoire est excentré par rapport à l'Europe, et qu'il ne dispose pas d'autoroutes payantes.

Mathilde Tournier et avec Mélanie Vecchio