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Dupond-Moretti toujours favorable au retour des jihadistes français

Eric Dupond-Moretti lors de son premier Conseil des ministres le 7 juillet 2020

Eric Dupond-Moretti lors de son premier Conseil des ministres le 7 juillet 2020 - Ludovic Marin © 2019 AFP

Dans une interview accordée au Journal du Dimanche, le nouveau garde des Sceaux affirme que le gouvernement s'engagera à défendre les Français "qui encourent la peine de mort".

Sur ce sujet, point de revirement de la part d'Eric Dupond-Moretti. Moins de deux semaines après sa désignation en tant que garde des Sceaux, l'ancien avocat a accordé un long entretien au Journal du Dimanche. À la question du rapatriement des jihadistes français, le ministre répond y être favorable, conformément à ce qu'il avait déclaré en février 2019 sur LCI.

"Je serai un militant infatigable pour défendre des Français – car ils sont français qu'on le veuille ou non – qui encourent la peine de mort. Nous continuerons d'agir en ce sens auprès des pays concernés", déclare Eric Dupond-Moretti dans l'interview.

En l'espèce, son propos concerne les quelque 150 adultes et leurs près de 300 enfants détenus en Syrie et en Irak. "Il faut les rapatrier, surtout lorsqu'ils encourent la peine de mort, les juger en France. Il faut qu'ils aient droit à un procès équitable", déclarait le pénaliste sur LCI il y a un an et demi.

"Nous avons pris des engagements"

Parmi ces jihadistes, arrêtés pour s'être ralliés à Daesh, la quasi-totalité sont détenus dans les camps et prisons sommaires des Kurdes du nord-est de la Syrie. Et onze Français sont détenus en Irak, où ils ont été condamnés à mort.

Là-dessus, Eric Dupond-Moretti se dit conscient d'appartenir "à un gouvernement qui défend l'idée que ces prisonniers doivent être jugés là où ils ont commis leurs actes et qui examine au cas par cas la situation des mineurs pour leur rapatriement".

L'intéressé se permet toutefois de rappeler que "nous avons pris des engagements internationaux et célébrerons l'an prochain le quarantième anniversaire de l'abolition de la peine de mort en France".

Cette abolition avait d'ailleurs été portée par un autre avocat devenu ministre de François Mitterrand, Robert Badinter. "C'est l'honneur de notre pays", estime son lointain successeur à la Chancellerie.

Jules Pecnard Journaliste BFMTV