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"Je n'ai pas à rougir": Eric Dupond-Moretti se défend d'avoir tenu "un langage sexiste"

Depuis le tribunal judiciaire de Paris, Eric Dupond-Moretti s'est exprimé pour la première fois sur les critiques qui ont émergé au moment de sa nomination à la Justice et de celle de Gérald Darmanin à l'Intérieur.

Le nouveau ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti, en déplacement au tribunal judiciaire de Paris ce vendredi, a réagi, pour la première fois, aux différentes voix qui se sont élevées contre sa nomination. Ses propos polémiques sur les violences faites aux femmes et sur la libération de la parole de ces dernières avaient été critiqués par de nombreux mouvements féministes.

"J'ai eu un langage fleuri, je peux plaider coupable, c'était dans d'autres fonctions mais je n'ai jamais eu de langage sexiste. Si vous reprenez mes déclarations, j'ai toujours prôné une totale égalité des droits, reprenez-les au lieu de les prendre avec parcimonie, de les commenter, reprenez tout ce que j'ai dit depuis des années. Je n'ai pas à rougir de ce que j'ai pensé sur ces questions", a-t-il assuré.

"Un curieux mode de vie aux générations futures"

En 2018, dans la lignée de la création d'une infraction pour outrage sexiste, Eric Dupond-Moretti avait regretté sur notre antenne "une hyper-réglementation de la société", assurant qu'il s'agissait "d'une question d'éducation". 

Au moment du procès de Georges Tron pour viol et agressions sexuelles, pour lequel le pénaliste avait obtenu l'acquitement, il s'en était notamment pris à l'Association européenne contre les violences faites aux femmes au travail (AVFT): "C'est bien beau que la parole des femmes se libère, mais vous préparez un curieux mode de vie aux générations futures", selon des propos rapportés par Les Inrocks.

"Mesdames et messieurs les jurés, si votre fils touche le genou d'une copine dans sa voiture, c'est une agression sexuelle, ça?", avait-il également lancé aux jurés de la cour d'assises de Bobigny.

"Une petite bricole, la constitution"

Autre polémique au moment du remaniement gouvernemental, la promotion de Gérald Darmanin à l'Intérieur, malgré une enquête en cours pour viol qui le vise. La cour d'appel de Paris avait, en effet, ordonné début juin la reprise des investigations sur les accusations de viol, harcèlement sexuel et abus de confiance portées contre le ministre par Sophie Patterson-Spatz.

Le garde des Sceaux, silencieux jusque-là sur le sujet, est resté sur la ligne de défense avancée par plusieurs membres du gouvernement, à savoir souligner la présomption d'innocence du nouveau locataire de Matignon.

"Il existe une toute petite règle dans notre République, une petite bricole, qui s'appelle la Constitution et qui rappelle qu'un homme, tant qu'il n'a pas été définitivement condamné, est présumé innocent. C'est vrai pour lui, c'est vrai pour vous aussi, c'est vrai pour moi et ça nous protège tous", a-t-il lancé avant de partir et de tourner le dos aux journalistes.
Clément Boutin Journaliste BFMTV