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Double meurtre dans le Loiret: la "colère" des proches de "Coco", l'octogénaire tué

Environ 150 proches et anonymes se sont réunis devant le domicile de Jacques Samson, l'octogénaire sauvagement tué dans le Loiret lundi. Les collègues de son infirmière Karine Foucher, également tuée, lui rendent également hommage. Aucun suspect n'a pour l'instant été interpellé.

L'émotion et l'incompréhension sont toujours vives dans le Loiret après le double meurtre d'une infirmière, Karine Foucher, et de l'un ses patients, Jacques Samson. Anonymes, voisins et membres de l'octogénaire tué lundi à Châlette-sur-Loing (Loiret) se sont rassemblés devant son domicile jeudi en fin de journée pour lui rendre hommage.

Coco, "un homme sans histoire"

Ils étaient environ 150 à saluer la mémoire de celui qu'on surnommait "Coco" dans la commune. Cet ancien cheminot à la retraite, âgé de 84 ans, a été retrouvé mort chez lui lundi, sous un tas de couvertures, roué de coups. Ses mains ont été tranchées et n'ont pour l'instant pas été retrouvées.

"J'ai de la colère, beaucoup de colère", explique son neveu à BFMTV. "S'en prendre à une personne âgée comme ça... Il n'avait pas d'argent. Ils n'ont rien pris chez lui, on ne sait pas ce qu'il s'est passé", indique Anthony.

La foule amassée devant le domicile de Jacques Samson a "réchauffé le cœur" de sa sœur Jeannine, sans toutefois calmer sa douleur:

"Ça fait plaisir, ça réchauffe le cœur, mais enfin je préférerais ne pas avoir de monde et qu'il soit là", souffle Jeannine, en se tournant vers le domicile de son frère tué. "C'est un homme sans histoire, pourquoi ils lui ont fait ça? Et à Karine?", poursuit Christiane, la cousine de l'octogénaire.

Karine, "c'était sœur Theresa"

Karine Foucher se rendait trois fois par jour au domicile de Jacques Samson afin de lui prodiguer des soins à domicile. Elle le connaissait depuis de nombreuses années et s'était déjà occupée de son épouse.

"Son petit surnom, c'était sœur Theresa. Elle adorait ses patients, je pense que ses patients l'adoraient aussi. Il y avait un partage, un échange qui était très important", explique sur BFMTV Laure-Isabelle Rouanet, amie et collègue de la mère de famille retrouvée morte lundi, aux abords de la route de Pannes, à quelques kilomètres de son domicile.

Ses collègues refusent cependant de céder à la panique et de changer leur façon de travailler.

"Toutes les infirmières travaillent très tôt. On est souvent seules la nuit, le matin, en plein hiver", assure Mélanie Naudin, une collègue de Karine Foucher.

Des mesures de protection réclamées par les infirmiers

Jeudi, les responsables nationaux et locaux de l'Ordre des Infirmiers se sont réunis à Ormes, dans la banlieue d'Orléans afin d'exiger des nouvelles mesures de protection, rapporte France Bleu Orléans

"Aujourd'hui, les infirmières libérales ne sont absolument pas sécurisées. La violence est de plus en plus présente. A chaque déplacement, nous avons la boule au ventre. Nous exerçons parfois dans des zones de non-droit où même la gendarmerie n'intervient plus. Toutes les infirmières vous le diront, elles ont toutes déjà subies des violences, que ce soit une injure, un geste déplacé ou plus grave. Il faut que cela cesse", a affirmé Sonia Ferré, présidente du Conseil de l'Ordre des infirmiers en Centre-Val de Loire, à la radio locale.

Une marche blanche est organisée samedi à 15 heures à Ferrières-en-Gâtinais, pour saluer la mémoire de l'infirmière décédée. 

Esther Paolini