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Dissolution à l'extrême droite: une solution efficace?

Les JNR en 2011 devant la statue de Jeanne D'Arc, à Paris. Serge Ayoub (neuvième à partir de la gauche) est leur fondateur.

Les JNR en 2011 devant la statue de Jeanne D'Arc, à Paris. Serge Ayoub (neuvième à partir de la gauche) est leur fondateur. - -

Le Premier ministre a ordonné samedi la dissolution des Jeunesses nationalistes révolutionnaires, soupçonnées de vouloir devenir une "force de combat".

Les Jeunesses nationalistes révolutionnaires risquent de n'être bientôt plus qu'un souvenir. Samedi, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a lancé une procédure de dissolution à l'encontre du groupuscule d'extrême droite. Une mesure à laquelle Marine Le Pen n'est pas opposée.

Les JNR ne seraient pas directement liées à la mort de Clément Méric, mais le gouvernement les soupçonne d'être en passe de constituer "un groupe de combat". Cette trentaine de personnes assure le service d'ordre du mouvement radical Troisième Voie. La dissolution aurait un effet immédiat: les désorganiser et les empêcher de constituer une force présumée nocive.

Cette mesure ne serait pas une première: sous la Ve République, une soixantaine d’organisations politiques ont été dissoutes par le pouvoir. L’une des plus célèbres, Unité Radicale, a été interdite après la tentative d’assassinat de Jacques Chirac par l’un de ses membres en 2002.

Des conséquences parfois pires

Depuis, le mouvement s’est en partie reconstitué pour fonder le Bloc Identitaire, qui a fait le choix du jeu politique et médiatique. C'est l'un des risques de la dissolution, qui ne permet pas toujours la disparition du groupe. Pire, celui-ci, n'étant plus placé sous surveillance, peut devenir dès lors incontrôlable.

"Quand on dissout un mouvement, les éléments les plus périphériques ont tendance à s'éparpiller dans la nature, considérant que l'aventure devient trop dangereuse. En revanche, les plus confirmés et virulents peuvent être tentés par une radicalisation plus forte", confirme Jean-Yves Camus, spécialiste de l'extrême droite.

La dissolution des JNR devrait prendre au moins une dizaine de jours. Le gouvernement s'appuie sur l'article 212.1 du Code de la Sécurité intérieure visant les mouvements prônant la "discrimination, la haine, la violence envers une personne ou un groupe de personnes".


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A. G. avec Thomas de Rochechouart