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Disparition d'Estelle Mouzin: Michel Fourniret convoqué pour une audition-clé

Michel Fourniret dessiné aux côtés de Monique Robin, le 13 novembre 2018 à la Cour d'assises de Versailles

Michel Fourniret dessiné aux côtés de Monique Robin, le 13 novembre 2018 à la Cour d'assises de Versailles - Benoit Peyrucq - AFP

Estelle Mouzin avait disparu le 9 janvier 2003 alors qu'elle rentrait de l'école à Guermantes, village de Seine-et-Marne. Michel Fourniret avait affirmé qu'il était ce jour-là en Belgique, mais son alibi est désormais contesté par son ex-épouse.

À plusieurs reprises par le passé, il avait assuré n'avoir rien à voir avec cette affaire, mais son alibi est désormais mis à mal. Michel Fourniret doit être entendu ce mercredi par la juge chargée de l'enquête sur la disparition d'Estelle Mouzin en 2003, qui pourrait décider de le mettre en examen dans ce dossier criminel vieux de 17 ans.

Le tueur en série expliquait jusqu'à présent qu'il se trouvait à son domicile de Sart-Custinne, en Belgique, le jour de la disparition de la fillette, alors âgée de 9 ans, survenue le 9 janvier 2003 à Guermantes (Seine-et-Marne). En guise d'alibi, il avait évoqué un appel passé à son fils, le soir des faits, pour son anniversaire. Son fils n'avait alors pas répondu mais l'appel avait été attesté par des relevés téléphoniques.

L'alibi mis à mal par son ex-épouse

Entendue jeudi dernier par la juge Sabine Khéris, son ex-épouse Monique Olivier a cependant assuré avoir elle-même passé ce coup de téléphone à la demande de son mari, absent ce jour-là. "Cela signifie que Michel Fourniret n'était pas à Sart-Custinne le jour de la disparition d'Estelle Mouzin. Il était ailleurs", a expliqué Me Richard Delgenes, l'avocat de Monique Olivier.

Ce dernier n'a pas apporté de précisions sur le lieu où se trouvait le tueur en série. "On sait qu'à l'époque Michel Fourniret partait plusieurs jours (...) Situer et dater ses absences de janvier 2003, c'est un peu compliqué aujourd'hui", a expliqué Me Richard Delgenes.

Des spéculations relancées par Fourniret lui-même

Lors d'une précédente audition en mars, l'"Ogre des Ardennes" avait lui-même relancé les spéculations sur sa possible implication dans cette affaire en livrant devant une juge d'instruction ce qu'une avocate de la famille Mouzin avait qualifié d'"aveux en creux".

L'audition de mercredi, qui pourrait déboucher sur la mise examen du tueur en série, devra donc "éclaircir" la question de l'alibi, mais aussi l'emploi du temps de Michel Fourniret le jour des faits, a indiqué une source proche du dossier.

Début 2007, la police avait mis une première fois hors de cause "l'ogre des Ardennes", condamné à la perpétuité pour huit meurtres. Six ans plus tard, l'expertise de milliers de poils et cheveux prélevés dans sa voiture n'avait pas non plus permis de trouver de traces de la fillette, dont le corps n'a jamais été retrouvé.

M.D. avec AFP