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Affaire Estelle Mouzin: la piste Fourniret relancée, l'avocat de la famille évoque un possible "tournant"

Michel Fourniret dessiné aux côtés de Monique Robin, le 13 novembre 2018 à la Cour d'assises de Versailles

Michel Fourniret dessiné aux côtés de Monique Robin, le 13 novembre 2018 à la Cour d'assises de Versailles - Benoit Peyrucq - AFP

"Il faut que cette piste soit enfin travaillée, qu'elle soit fermée ou ouverte, mais pour nous c'est la piste la plus sérieuse", déclare l'avocat de la famille Me Didier Seban à BFMTV.

Pour la famille d'Estelle Mouzin, c'est désormais "la piste la plus sérieuse". Monique Olivier, ex-femme du tueur en série Michel Fourniret, doit être entendue ce jeudi à 13h30 par la juge d'instruction parisienne Sabine Khéris, dans l'affaire de la disparition de la fillette. 

La magistrate va remettre en question un alibi du tueur en série daté du 9 janvier 2003, jour de la disparition de la petite Estelle Mouzin, âgée alors de 9 ans, à Guermantes, en Seine-et-Marne.

"Depuis si longtemps nous demandons que la piste Fourniret soit suivie, soit enquêtée. Nous disions que cet alibi ne tenait pas", a déclaré sur BFMTV Didier Seban, avocat de la famille d'Estelle Mouzin.

"C'est un tournant, si cet alibi tombe"

Déjà interrogé dans cette affaire de disparition, Michel Fourniret - condamné à la perpétuité - avait assuré qu'à la date de la disparition d'Estelle Mouzin, il se trouvait à son domicile belge de Sart-Custinne, et avait appelé dans la soirée son fils Jean-Christophe, issu d'un premier lit, pour lui souhaiter son anniversaire. Les policiers avaient alors pu vérifier que cet appel avait bien eu lieu. 

Monique Olivier avait alors confirmé ses dires, mais "elle n'assure désormais plus que Michel Fourniret a téléphoné à son fils, elle n'exclut plus non plus avoir elle-même passé ce coup de téléphone pour servir d'alibi. Simplement, elle ne se souvient plus de cette soirée", a expliqué Richard Delgenes, avocat de Monique Olivier. 

Selon l'avocat de la famille, la remise en cause de l'alibi du tueur en série, condamné pour huit meurtres, était complètement envisageable, "parce que Michel Fourniret avait déjà fait faire à Monique Olivier, sa complice dans beaucoup de meurtres, des actes pour se trouver des alibis ou pour prendre contact avec untel ou untel".

"C'est un tournant, si cet alibi tombe", continue Me Seban. Il "a si longtemps donné des raisons aux policiers de ne pas enquêter vraiment sur la piste Michel Fourniret". L'avocat semble confiant dans la véracité des propos que fournira Monique Olivier: "Jusqu'ici ni l'un ni l'autre ne se sont inventés des meurtres qu'ils n'auraient pas commis".

"Il faut que cette piste soit enfin travaillée"

Pour la famille et les proches "il faut que cette piste soit enfin travaillée, qu'elle soit fermée ou ouverte, mais pour nous c'est la piste la plus sérieuse", déclare Me Seban.

L'avocat rappelle qu'en 2007, Michel Fourniret voulait être entendu dans les affaires de disparition ou meurtre de Marie-Angèle Domece, Joanna Parrish, mais aussi Estelle Mouzin. En 2018, il a reconnu être l'auteur des meurtres des deux premières jeunes filles. 

De précédentes analyses ADN n'avaient pas prouvé la présence d'Estelle Mouzin dans la camionnette du tueur en série. Mais Face à Sabine Khéris, Michel Fourniret, en mars dernier, avait eu ces mots glaçants au sujet d'Estelle Mouzin: "Il faudrait creuser pour la trouver". 

Salomé Vincendon