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Deux policiers se suicident dans la nuit de dimanche à lundi

41 policiers se sont suicidés depuis le début de l'année.

41 policiers se sont suicidés depuis le début de l'année. - AFP

Un CRS affecté à Béthune et un formateur de l'école de police de Nîmes se sont donnés la mort ce lundi, portant à 41 le nombre de suicides dans la police nationale depuis le début de l'année.

La liste noire de la police nationale s'allonge. Deux policiers se sont donnés la mort ce lundi portant à 41 le nombre de suicides dans la police depuis le début de l'année. 

Un CRS affecté à Béthune, dont la compagnie était en déplacement dans le Pays Basque, s'est donné la mort en se tirant une balle dans le coeur, a appris BFMTV de sources concordantes. Il était de service hier et devait travailler ce lundi. Ce sont ses collègues qui ont découvert le corps dans sa chambre. Un autre policier, formateur à l'école nationale de la police de Nîmes, s'est pendu à son domicile dans la nuit de dimanche à lundi.

Face aux suicides de policiers dénombrés depuis janvier en France, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner avait installé fin avril une "cellule alerte prévention suicide" pour "briser le silence". "Il y a une souffrance que l'ont a pas l'habitude de voir chez les CRS", reconnait-on du côté du syndicat Unité SGP Police, alors que les compagnies sont soumises à une "hypermobilisation" depuis 8 mois et le mouvement des Gilets jaunes. 

Politique du chiffre toujours en cours, véritable problème de management, mobilisation dans les services qui créé une souffrance ou absence de prise en compte de la souffrance psychologique chez les policiers, selon Linda Kebbab, la déléguée nationale du syndicat, les policiers sont soumis à une forte pression. Un rapport parlementaire a dénoncé au début du mois de juillet une situation "dégradée" avec des conditions de travail "déplorables". Les parlementaires pointaient notamment l'"accumulation exponentielle du nombre d'heures supplémentaires".

A l'annonce de ces deux nouveaux suicides, le syndicat Alternative Police a indiqué qu'il remettra un livre blanc sur l'amélioration des conditions de travail des policiers. Parmi les 50 propositions, le syndicat évoque "un plan global". "Jusqu'alors on s'est attaqué aux conséquences des suicides des policiers, il faut travailler en amont sur ce qui peut provoquer le geste", estime Denis Jacob, secrétaire général d'Alternative Police. L'accent doit être mis sur l'amélioration des conditions de travail, mais aussi sur la formation et le recrutement ou encore la reconnaissance du terrain.

La remise de la médaille de la sécurité intérieure à la mi-juin, a d'ailleurs été dénoncée par de nombreux représentants syndicaux estimant que le ministère avait récompensé la hiérarchie et oubliant les policiers de terrains, fortement mobilisés depuis le 17 novembre.

Justine Chevalier