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"Désœuvrement" et "isolement": le parcours de la mère de Vanille se précise

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Après la fin de sa garde à vue, Nathalie Stephan va être présentée ce mardi à un juge d'instruction.

Le profil Nathalie Stephan, la mère de la petite Vanille, qu'elle a enlevée puis tuée dans la journée de vendredi à Angers, s'est précisé ce lundi, au cours de sa garde à vue, qui avait débuté dimanche.

Le président du conseil départemental de Maine-et-Loire Christian Gillet est revenu, ce lundi après-midi, lors d'une conférence de presse organisée avec le procureur d'Angers Eric Bouillard, sur l'enfance et le parcours de cette femme de 39 ans, qui a expliqué avoir planifié la mort de sa fille, le jour de son anniversaire.

"Elle venait d’une fratrie de trois enfants, avec un frère plus âgé et un plus jeune. Elle avait deux parents handicapés, tous les deux sourds et muets. Elle a vécu à Angers, puis elle est partie dans la région de Bordeaux, mais on ne sait pas pour quelle raison. Après des problèmes familiaux, elle a été elle-même placée à l'Aide sociale à l’enfance à ses 16 ans, jusqu'à sa majorité, ainsi que son petit frère", a-t-il relaté.

"Elle a vécu en errance"

Nathalie Stephan a ensuite été en couple de 2003 à 2014. Au cours de cette période, elle a eu une petite fille en 2008, prénommée Illona, qui a été confiée à son père quand sa mère a quitté le domicile familial en 2014.

La jeune femme est partie dans un foyer angevin puis, "sans explication", a souligné le président du conseille départemental, s'est rendue dans le sud de la France. Elle a vécu "en errance, dormant dans sa voiture", puis est revenue à Angers dans un autre foyer. Elle a ensuite été accueillie au centre maternel du département, lors qu'elle a déclaré sa grossesse.

"Elle avait un suivi psychologique et prenait des médicaments (...) Il s'agit d'une personne fragile", a indiqué Christian Gillet.

Notifiée dès le mois d'avril de son départ du centre

La mère de Vanille a été admise pour une première période de quatre mois au centre maternel, qui a ensuite été prolongée jusqu'au 10 février. Selon le président du conseil départemental, "il lui avait été indiqué dès le mois d'avril qu'elle devrait quitter le centre maternel".

"Apparemment elle n'a sans doute pas très bien compris ce que cela signifiait, même si au mois de juin elle a été orientée vers le Service Intégré de l'Accueil et de l'Orientation (SIAO) pour lui trouver un hébergement", a-t-il ajouté, insistant sur la situation de "désœuvrement" et "d'isolement" dans laquelle elle se trouvait.

Parallèlement l'enfant avait été placée dans un foyer d'accueil qui dépendait du centre. Le 2 décembre, elle a été envoyée au centre départemental de l'enfance et de la famille, le village Saint-Exupéry. Sa mère avait un droit de visite sur elle, au départ d'une nuit et une demi-journée, et qui a ensuite été élargi.

Nathalie Stephan est en garde à vue jusqu'à ce mardi matin. Elle sera ensuite présentée à un magistrat instructeur et devrait être poursuivie pour homicide volontaire, aggravé par le fait qu’elle est la mère de la victime, qu'il s'agit d'une mineure de moins de 15 ans et que les faits sont prémédités. Cela peut relever de la qualification juridique d’assassinat.

Clément Boutin