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Des associations demandent aux députés de ne pas financer de nouvelles prisons

Des familles de détenus réunies devant la prison de Manaus, le 2 janvier 2016.

Des familles de détenus réunies devant la prison de Manaus, le 2 janvier 2016. - Marcio SILVA - AFP

Dix-sept associations de défense de droits de l'Homme et organisations professionnelles ont demandé jeudi aux députés de ne pas financer le volet du budget 2017 prévoyant la construction de prisons. Un projet "coûteux et contre-productif" selon elles.

Ces organisations, parmi lesquelles l'Observatoire international des prisons, la Ligue des droits de l'Homme, Emmaüs France, ainsi que des associations de professionnels de la justice et des syndicats pénitentiaires, appellent à se rassembler devant l'Assemblée nationale vendredi, au moment où les députés examineront le volet "justice" du projet de loi de finances pour l'an prochain.

Le garde des Sceaux Jean-Jacques Urvoas avait dévoilé fin septembre un ambitieux plan de construction de prisons, destiné selon lui à lutter contre la surpopulation de nombreux établissements. Dès l'an prochain, une enveloppe de 1,1 milliard d'euros sera consacrée au lancement de la construction de 4.355 places en maisons d'arrêt, ces prisons où sont détenues les personnes en attente de procès, et qui sont les plus affectées par la surpopulation.

Selon les signataires de l'appel aux députés, ce projet "politiquement confortable mais objectivement néfaste" ne fera qu'alourdir encore une dette de plus de 6 milliards d'euros déjà contractée ces dernières années pour construire des prisons. Les organisations redoutent que l'accompagnement des démarches d'insertion des détenus, les alternatives à la prison et les aménagements de peine, "plus efficaces en matière de prévention de la récidive", ne pâtissent de cette orientation décidée par Jean-Jacques Urvoas.

A. K. avec AFP