BFMTV

Dérive sectaire: qu'est-ce que l'association "Philadelphie" dirigée par des proches de Ligonnès?

L'association "Philadelphie" soupçonnée de dérive séctaire est actuellement dirigée par la soeur de Xavier Dupont de Ligonnès, Christine,  photographiée en avril 2013.

L'association "Philadelphie" soupçonnée de dérive séctaire est actuellement dirigée par la soeur de Xavier Dupont de Ligonnès, Christine, photographiée en avril 2013. - MIGUEL MEDINA / AFP

L'association, actuellement dirigée par la soeur du disparu, est visée par une enquête pour "abus de faiblesse en état de sujétion psychologique visant un mouvement d'inspiration catholique, traditionaliste, radical et apocalyptique".

Elle est connue sous le nom de "Philadelphie" ou "Le Jardin". Depuis novembre 2019, l'association dirigée par la sœur de Xavier Dupont de Ligonnès, Christine, est visée par une enquête préliminaire ouverte par le parquet de Versailles fin novembre 2019 pour "abus de faiblesse en état de sujétion psychologique visant un mouvement d'inspiration catholique, traditionaliste, radical et apocalyptique", a dévoilé jeudi Le Parisien. Mais l'association, soupçonnée de faire subir une emprise psychologique et financière sur ses membres, est connue de longue date par les autorités.

Des messages divins du Christ

Dès 2011, un mois après le quintuple meurtre familial à Nantes, la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) reçoit des témoignages sur ce groupe, fondé et alors tenu par la mère de Xavier Dupont de Ligonnès, Geneviève. Le président de la Miviludes de l'époque, Georges Fenech, nous expliquait que cette dernière fait état "de soi-disant messages divins du Christ qu'elle recevrait elle-même et qu'elle retransmettrait tous les mois à ses membres."

Le groupe "avait d'ailleurs inquiété à tel point le Vatican que deux prêtres successifs avaient été désignés pour accompagner ce groupe de prière pour ne pas qu'il y ait de dérapages", ajoutait l'ancien député Les Républicains du Rhône. 

D'après les récits des victimes présumées de l'époque, l'association reposait sur "des messages divins, des exigences financières, des familles qui quittent leur travail, des enfants déscolarisés et des réunions fermées attendant l'apocalypse." Georges Fenech estimait que "Philadelphie" remplissait tous les critères d'un fonctionnement sectaire.

Rupture familiale, privation de nourriture

Pourtant, après une enquête approfondie de la Miviludes, l'association ne ferme pas ses portes et continue d'enrôler de nouvelles familles. Deux frères, déclarant avoir appartenu à ce groupuscule, se sont présentés cet été à l'Association de défense des familles et de l'individu (Adfi) Alsace, selon Le Parisien. L'un affirme avoir été interdit d'avoir une relation amoureuse et obligé de régler les factures téléphoniques de la sœur de Xavier Dupont de Ligonnès.

Tous deux font état de "rupture familiale, privation de nourriture, choix de musique". Leurs parents auraient été sous l'emprise de l'association pendant plus de 20 ans, période durant laquelle leurs économies ont été dilapidées. Stéphane Goldenstein, l'avocat de la famille Dupont de Ligonnès déclare au quotidien qu'il ne s'agit que "d'une sombre histoire de vengeance personnelle".

Toujours selon Le Parisien, "Philadelphie" existe au moins depuis 1995. 25 ans plus tard, une enquête est désormais confiée à l'Office central pour la répression des violences aux personnes et la police judiciaire de Versailles. 

Esther Paolini