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"Dentiste de l’horreur": "Il en avait vraiment rien à foutre", témoigne une victime

Le procès du "dentiste de l’horreur" a débuté mardi au tribunal correctionnel de Nevers. A la mi-journée, les victimes se sont confiées sur ce procès qui réveillent des souvenirs parfois très douloureux. Elles ne comprennent toujours pas l’absence de remords de la part du praticien.

Ils sont une centaine sur le banc des victimes. Tous ont subi un préjudice de celui que l’on surnomme désormais le "dentiste de l’horreur". Abcès, infections, appareils mal posés, dents saines arrachées: la liste dressée par les patients en ce début du procès du praticien hollandais, au tribunal correctionnel de Nevers, est effarante.

Pas de regrets mais des perturbations "psychologiques"

Visage bouffi, cheveux grisonnants, Jacobus - dit Mark - Van Nierop, 51 ans, a tenté d'esquiver les premières questions du président du tribunal Thierry Cellier. Agacé par ses "élucubrations", ce dernier l'a rappelé à l'ordre, estimant que ses réponses étaient "toujours très ambigües". Selon l'une des expertises psychologiques, dont un extrait a été lu à l'audience, le quinquagénaire souffre d'une "pathologie narcissique majeure", entraînant l'effacement de "tout sens moral".

Un autre expert a toutefois souligné qu'il avait "parfaitement conscience de ses agissements". "Je n'étais pas en état de me mettre à la place" des patients, a affirmé le prévenu, s'exprimant tantôt en français, tantôt en néerlandais. Lors des premières heures d’audience, le dentiste aurait justifié ses actes par des perturbations "psychologiques", selon l’avocat des victimes, interrogé au micro de BFMTV.

"On s’attendait à ce qu’il émette des regrets, des remords. Mais à ce stade, les explications sont inexistantes", a confié Me Joseph-Oudin.

"On vient avec nos souffrances, nos dents en moins"

Pour les victimes, cette absence d’excuses est difficile à digérer. "C’est une abomination quand vous entendez Van Nierop dire qu’il n’avait aucune compassion pour la douleur des malades. Il n'en avait vraiment rien à foutre", déplore Marie-Jo Lemoine, une ancienne patiente du dentiste.

"Aujourd’hui, on arrive tous avec nos souffrances, nos dents en moins et nos couronnes à refaire. On lui en veut toujours. Nous avons été trahis", ajoute Nicole Martin, elle-aussi victime des interventions du praticien.

En 2008, Jacobus Marinus Van Nierop était attendu comme le messie à Château-Chinon, une petite commune de la Nièvre située à l’époque dans un désert médical. Cinq ans plus tard, ce fut la désillusion. Le dentiste a écopé d’un "pseudo" à faire frémir, encourt jusqu’à 10 ans de prison et 150.000 euros d’amende.
P. P.