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Demande de révision du procès Kerviel: la justice ne tranche pas

"On continue le combat" a déclaré"confiant", Jérôme Kerviel.

"On continue le combat" a déclaré"confiant", Jérôme Kerviel. - BFMTV

La défense de Jérôme Kerviel comme celle de la Société Générale criaient chacune victoire lundi après le ersursis à statu de la Cour de révision sur un éventuel nouveau procès de l'ancien trader.

La commission d'instruction de la Cour de révision n'a pas tranché ce lundi concernant la demande de révision de procès adressée par Jérôme Kerviel. Elle a remis à plus tard toute décision sur un éventuel nouveau procès de de l'ex ont annoncé les avocats des deux parties, criant chacun victoire.

De nouveaux éléments, dont le témoignage de la policière en charge du dossier, avaient permis à l'avocat de l'ancien trader de saisir la Cour de révision dans le but d'obtenir un nouveau procès. La justice attend la fin des deux instructions pour statuer.

"Dans ce dossier quelque chose avait déraillé, la justice a déraillé et il semblerait au vu de cette décision qu'elle se remet sur ses rails naturels. Nous ne pouvons que nous réjouir", a commenté David Koubbi, l'avocat de l'ex trader. "Il s'agit d'un premier pas d'importance", s'est-il félicité.

"On continue le combat", a ajouté, Jérôme Kerviel qui s'est dit "confiant".

De son côté, la Société générale se défend et dénonce une manipulation médiatique du camp Kerviel, qui cherche à faire pression sur la justice. Pour Jean Veil, avocat de la Société générale, il ne fait "aucun doute" que la demande de l'ex-trader sera au final rejetée.

Cette instance avait trois possibilités: rejeter la demande de l'ex-trader, la transmettre à la Cour de révision, seule habilitée à prendre la décision, rarissime en France, de tenir un nouveau procès, ou surseoir à statuer.

La semaine dernière, de hauts magistrats et des élus ont signé dans le journal l'Opinion une tribune réclamant un nouveau procès. Ils estiment que si, dans l'affaire Kerviel, "la justice s'est trompée, c'est parce qu'elle a été trompée".

Les deux camps auront encore l'occasion de s'affronter du 15 au 17 juin, lorsque la cour d'appel de Versailles rejugera le "volet civil" de l'affaire Kerviel. L'ex-trader avait d'abord été condamné à verser des dommages-intérêts compensant intégralement la perte colossale de Société Générale, mais la justice était revenue sur cette décision, estimant que la banque avait failli dans ses mécanismes de contrôle. Et ne pouvait donc prétendre à des dommages-intérêts de 4,9 milliards d'euros.

Escroc pour les uns, bouc-émissaire pour d'autres, M. Kerviel, 39 ans, accusé en janvier 2008 d'avoir fait perdre 4,9 milliards d'euros à sa banque, a été condamné à cinq ans de prison, dont trois ferme. Il avait finalement été remis en liberté conditionnelle en septembre 2014.

K. L.