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Dans le Haut-Rhin, le cheval Sésame au coeur d'une procédure judiciaire entre voisins

Une viticultrice travaille avec un cheval dans un domaine près de Bordeaux (illustration)

Une viticultrice travaille avec un cheval dans un domaine près de Bordeaux (illustration) - Georges Gobet / AFP

Dans le village d'Orschwihr, dans le Haut-Rhin, des viticulteurs ont fait l'acquisition de Sésame, un cheval qu'ils ont installé dans un verger attenant à leur domaine. Mais les voisins ont fini par aller devant les tribunaux, jugeant les désagréments liés à l'animal trop importants. Comme pour le coq Maurice, la procédure judiciaire n'en finit pas.

Après l'affaire du coq Maurice qui secoue depuis maintenant 3 ans l'île d'Oléron (Charentes-Maritime), c'est le cheval Sésame qui oppose ses propriétaires et leurs voisins, cette fois-ci dans le Haut-Rhin. Comme pour Maurice, les voisins ont engagé une procédure judiciaire pour faire valoir les désagréments et préjudices qu'ils estiment subir à cause de l'animal, comme le rapporte l'Alsace.

Le village d'Orschwihr, en Alsace, est un village viticole à proximité de terres agricoles. Les propriétaire du domaine Valentin-Zusslin, dans une démarche d'agriculture "biodynamique", ont justement acquis ce cheval comtois en 2012 pour revenir partiellement au travail par la traction animale dans les vignes, une technique ancestrale plus respectueuse des terres et moins destructrice.

Odeurs de crottin et d'urine

Mais Sésame, qui vit dans un verger situé près du domaine, commence rapidement à gêner les voisins. Selon des informations de l'Alsace, le couple qui vit ici depuis 1983 et qui a ouvert des gîtes en 2000, considère subir "un préjudice financier, puisque la fréquentation de (nos) gîtes a baissé depuis l'arrivée du cheval".

Ils évoquent surtout de "forts désagréments" immédiats, c'est-à-dire les odeurs de crottin et d'urine, les mouches et le bruit lié aux animaux.

Suite à une procédure judiciaire entamée en 2014, l'affaire est jugée en juillet 2018 et le tribunal d'instance donne raison au domaine viticole, jugeant que les désagréments occasionnés ne sont pas excessifs et que les chevaux sont présents en nombre "très limité". 

Mais le couple de voisins décide de faire appel, et l'audience aura lieu cet automne, devant la cour d'appel de Colmar, précise L'Alsace. Entre eux et les exploitants viticoles, aucune conciliation ne semble possible. Mais tout comme pour le coq Maurice, les viticulteurs peuvent compter sur le soutien de leur profession, et des défenseurs de l'authenticité des villages en milieu rural. Pour preuve: une pétition lancée en début de semaine sur change.org, nommée "Bientôt plus de chevaux dans nos vignes", et qui a déjà collecté près de 5000 signatures ce jeudi matin. 

Julia Galan