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Crash du Concorde : Continental relaxée au pénal, condamnée au civil

Continental Airlines était jugée par la cour d'appel de Versailles pour le crash du Concorde en 2000.

Continental Airlines était jugée par la cour d'appel de Versailles pour le crash du Concorde en 2000. - -

Continental Airlines a été relaxée jeudi au plan pénal, mais a été condamnée au civil à verser un million de dommages et intérêts à Air France. La compagnie était jugée par la cour d'appel de Versailles pour le crash du Concorde qui avait fait 113 morts le 25 juillet 2000.

Continental Airlines a été relaxée jeudi au plan pénal, mais a été condamnée au civil à verser un million de dommages et intérêts à Air France. La compagnie américaine était jugée par la cour d'appel de Versailles pour le crash du Concorde qui avait fait 113 morts le 25 juillet 2000, près de Paris.

Comme en première instance, la cour d'appel de Versailles a estimé qu'une lamelle tombée d'un DC10 de Continental sur la piste de décollage du Concorde à Roissy avait bien déclenché un enchaînement fatal le 25 juillet 2000, menant au crash de l'avion à Gonesse (Val-d'Oise). Mais elle a considéré que cela ne justifiait pas une condamnation pénale.

Un million d'euros de dommages et intérêts à Air France

La justice a considéré que les "négligences" commises par le chaudronnier de Continental qui avait remplacé la lamelle et son chef d'équipe ne justifiaient pas leur condamnation pénale ni celle de leur employeur.

Tous trois ont donc été relaxés, alors que Continental avait été condamnée en 2010 à 200.000 euros d'amende et le chaudronnier John Taylor, 44 ans, à 15 mois de prison avec sursis.

La justice a en revanche considéré que les fautes de ses employés engageaient la responsabilité civile de Continental Airlines, qui devra verser un million d'euros de dommages et intérêts à Air France, comme l'avait décidé le tribunal en 2010.

Les autorités françaises pointées du doigt

La président de la cour d'appel, Michèle Luga, a également insisté sur les manquements des différents acteurs français, notamment la Direction Générale de l'Aviation Civile (DGAC), autorité en charge de la sécurité aérienne.

Les "25 années d'exploitation" du supersonique, qui a longtemps été le fleuron de l'aéronautique française, ont été "émaillées de nombreuses blessures aux pneumatiques, suivies de conséquences plus ou moins graves", et que le "suivi de navigabilité" n'avait "pas été à la hauteur", a notamment déclaré la président de la cour.

Michèle Luga a aussi épinglé le Bureau d'enquêtes et analyse (BEA) qui n'a "émis aucune autre recommandation durant l'exploitation de Concorde" que celles faites en 1981, et a souligné que l'enquête administrative relative à l'incident de 1979 "avait été menée dans un contexte de pressions politiques".

Air France toujours en procès contre Continental Airlines pour "préjudice économique"

Parallèlement à cette décision, Air France et ses assureurs poursuivent Continental Airlines devant le tribunal de commerce de Pontoise pour obtenir réparation de leur préjudice économique après l'accident. Ce tribunal a sursis à statuer jusqu'à la fin de la procédure pénale.