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Crash d'un bombardier d'eau dans le Gard: ex-pilote de chasse, expérimenté, ce qu'on sait du pilote

Franck C., pilote du Tracker

Franck C., pilote du Tracker - Sécurité civile

Franck Chesneau est mort vendredi après-midi dans le crash de son avion Tracker alors qu'il luttait contre un incendie à Générac dans le Gard. Un hommage lui est rendu ce mardi sur la base de la Sécurité civile de Nimes-Garons.

"Héros français" pour Emmanuel Macron, "Francky" pour les 90 pilotes de bombardiers d'eau de la Sécurité civile, Franck Chesneau est mort vendredi dans l'accident de son avion Tracker. Le pilote combattait les flammes d'un incendie qui a ravagé plus de 300 hectares de forêt à Générac, dans le Gard, quand il s'est écrasé.

"Le pilote, qui était en phase descendante, est entré dans une colonne de fumée très épaisse et a percuté la cime des arbres", a indiqué une source proche de l'enquête à l'AFP. "C'est un problème d'estimation du pilote qui est entré dans un nuage très sombre et a perdu ses repères", a-t-elle poursuivi.

Ancien pilote de chasse

La victime, âgée d'une cinquantaine d'années, était pourtant un pilote expérimenté. Sur Twitter, un collègue, avec qui il avait récemment échangé sur les risques de feux de forêt, décrit quelqu'un de "compétent" et de "humble".

Avant de faire partie des pompiers du ciel, cet homme marié et père de deux enfants avait été pilote de chasse. Originaire de Melun, en Seine-et-Marne, il avait commencé sa carrière en 1991. Pendant près d'une décennie, il avait fait partie de l'escadron 3/4 Limousin basé à Istres, dans les Bouches-du-Rhône.

Il avait volé pendant plusieurs années sur "un Mirage 2000", a précisé samedi le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner. Par ailleurs, il avait "piloté l'intégralité des avions qui combattent les incendies dans le cadre de la sécurité civile", a ajouté le ministre.

"Heureux et fier"

"Il était heureux et fier, c'est ce que son épouse m'a rappelé, de piloter un Tracker", a confié Christophe Castaner. Selon le journal La Provence, Franck Chesneau était aussi pompier volontaire au Sdis des Bouches-du-Rhône, où il résidait avec sa famille dans le village de Cornillon-Confoux.

"On est là pour protéger la population et c'est un truc qui me plaît. C'est un métier passionnant, gratifiant", confiait au mois de juin le pilote qui témoignait dans un reportage sur France 2

Un de ses collègues se souvient d'un homme "épanoui" qui "aimait son métier". "C'est celui à qui on avait envie de parler, celui qui avait des blagues, celui qui aimait vivre quoi (...) Je sais qu'il était heureux, il est parti vraiment heureux", assure auprès de RMC Antoine Ozeur.

Un hommage doit être rendu au pilote ce mardi sur la base aérienne de la Sécurité civile de Nîmes-Garons en présence du ministre de l'Intérieur. Christophe Castaner prononcera son éloge funèbre avant de remettre les insignes de la Légion d'honneur à titre posthume à Franck Chesneau.

Benjamin Rieth