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Condamnée à 5 ans de prison, dont 7 mois ferme, pour avoir tenté de tuer sa mère atteinte d'Alzheimer

Le tribunal de Montpellier où se déroule le procès de Bernadette Colin.

Le tribunal de Montpellier où se déroule le procès de Bernadette Colin. - Google

Le jugement altéré, mais pénalement responsable, Bernadette Colin a été condamnée lundi à cinq ans de prison, dont 53 mois avec sursis, pour avoir tenté, par différents moyens, de tuer sa mère atteinte d'Alzheimer.

Bernadette Colin, professeur de lettres, jugée pour avoir voulu tuer sa mère malade d'Alzheimer, a été condamnée lundi à 7 mois de prison ferme, et 53 mois avec sursis, et est ressortie libre de la cour d'assises de l'Hérault. 

Le verdict est tombé à l'issue de près de 5 heures de délibération. L'enseignante de 60 ans ne retournera pas en prison, sa peine étant couverte par la détention provisoire. Elle a également été condamnée à un suivi socio-judiciaire et une obligation de soins pendant trois ans, les jurés ayant estimé que son comportement était altéré au moment des faits. Le jury n'a pas suivi les réquisitions, l'avocat général avait réclamé cinq ans d'emprisonnement, dont deux ans ferme. 

Isolées face à la maladie

A l'énoncé du verdict, les deux soeurs de l'accusée, parties civiles au procès, ont pleuré de joie. Elles avaient indiqué au cours de l'audience lui avoir "pardonné".

"Il n'y a pas de vengeance dans ce procès, que de la souffrance", avait plaidé lundi Me Isabelle Oger-Ombredane, l'avocate des parties civiles, Marguerite et Guylaine Colin.

La sexagénaire encourait la prison à perpétuité pour cette tentative de matricide. Trois experts différents ont diagnostiqué un état bipolaire chez elle, dépressive, comme ses deux soeurs, qui ont témoigné lors du procès de leur isolement face à la pathologie de leur mère. La cour a donc retenu, conformément aux réquisitions, l'altération du jugement au bénéfice de l'accusée, tout en la considérant pénalement responsable. 

"Tuer l'une pour que les autres vivent"

L'avocat général Yvon Calvert outre cinq ans d'emprisonnement, dont deux ferme, avait requis un suivi socio-judiciaire et une obligation de soins pendant cinq ans.

Évoquant sa situation et celle de ses sœurs face à la maladie de leur mère, Bernadette Colin a expliqué au cours de son procès son geste par cette phrase: "Il fallait tuer l'une pour que les autres vivent". Et d'expliquer avoir agi "par devoir".

Cette professeure agrégée de lettres modernes comparaissait depuis le 5 mars devant la cour d'assises de l'Hérault. Elle avait essayé de tuer sa mère, Raymonde, âgée de 87 ans, en tentant de l'empoisonner, de l'étrangler, de l'étouffer puis de la poignarder, le 25 avril 2009, au domicile de la victime à Montpellier. Blessée, Raymonde Colin avait survécu à ses blessures et ne s'était jamais souvenue de l'agression de sa fille. Elle était finalement décédée trois ans plus tard d'un cancer.

D. N. et A. D. avec AFP