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Clip de campagne: Éric Zemmour, condamné pour "contrefaçon de droits d'auteur", va faire appel

"J'ai décidé de prendre notre destin en main": Eric Zemmour annonce sa candidature à l'élection présidentielle

"J'ai décidé de prendre notre destin en main": Eric Zemmour annonce sa candidature à l'élection présidentielle - Youtube

Le candidat d'extrême-droite était jugé pour avoir utilisé des images de diverses vidéos d'actualité ou du patrimoine cinématographique français, sans en avoir demandé l'autorisation.

Éric Zemmour a été condamné, ce vendredi, pour "contrefaçon de droits d'auteur". Le candidat d'extrême-droite était jugé pour son clip d'entrée en campagne, dans lequel de nombreuses images d'actualité et d'extraits cinématographiques ont été utilisés sans accord préalable.

L'un de ses avocats, contacté par BFMTV, a immédiatement indiqué que le candidat du parti Reconquête allait faire appel de la décision.

Une vidéo vue plus de trois millions de fois

Le polémiste et son parti Reconquête! sont condamnés à verser un total de 70.000 euros aux plaignants, parmi lesquels les sociétés Gaumont et EuropaCorp, les réalisateurs Luc Besson et François Ozon ou encore la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD).

En cause, l'utilisation non autorisée d'extraits des films "Jeanne d'Arc" de Luc Besson (1999), "Un singe en hiver" de Henri Verneuil (1962), "Dans la maison" de François Ozon (2012), "Le quai des brumes" de Marcel Carné (1938) et du documentaire "Louis Pasteur, portrait d'un visionnaire" (2011) dans le clip d'annonce de la candidature de M. Zemmour à l'élection présidentielle.

Ce clip d'une dizaine de minutes, diffusé en direct sur différents canaux le 30 novembre, a été vu plus de trois millions de fois sur YouTube.

Les extraits en question doivent être enlevés du clip

En plus des sommes à verser en réparation du préjudice de "contrefaçon de droits d'auteur" et d'"atteinte au droit moral", le tribunal judiciaire de Paris a ordonné que le clip ne soit plus diffusé avec les extraits en cause. Cette décision doit être appliquée sous 7 jours, sous peine d'une astreinte de 1500 euros par jour de retard ensuite.

Le 27 janvier lors de l'audience, où le candidat d'extrême droite n'était pas présent, son avocat Me Olivier Pardo avait fustigé une tentative de "censure" et défendu l'usage d'extraits vidéo "dans le cadre d'une courte citation", réclamant l'irrecevabilité de la procédure.

"Gaumont et EuropaCorp ne font pas de politique, ils font du cinéma populaire, et nous n'avons jamais accordé l'autorisation d'utiliser des extraits à aucun parti", avait répliqué l'avocat des sociétés de production, Me Thierry Marembert.

"Être associé à quelqu'un qui a des idées extrêmes, c'est un préjudice supplémentaire"

"Nous aurions refusé à tout le monde (...) mais être associé à quelqu'un qui a des idées extrêmes, c'est un préjudice supplémentaire", avait-il ajouté.

Gaumont demandait 25.000 euros de dommages et intérêts pour les droits du film "Un singe en hiver", 25.000 euros supplémentaires avec EuropaCorp pour "Jeanne d'Arc", et les auteurs et ayants-droit 5.000 euros chacun au titre du droit moral.

Par ailleurs, plusieurs médias, dont l'Agence France-Presse (AFP), avaient vivement protesté contre l'utilisation non autorisée de leurs images parmi les 144 extraits employés dans le clip, sans aller jusqu'aux poursuites judiciaires.

Vincent Vantighem et Jé. M. avec AFP